Wawrinka finale Roland
Stan Wawrinka, après sa première défaite en finale de Grand Chelem. | Antonio Borga / ANADOLU AGENCY

Roland-Garros : Fin de série pour Stan Wawrinka

Publié le , modifié le

En se faisant dominer par Rafael Nadal en trois sets et 2h05 de jeu (6-2, 6-3, 6-1), Stan Wawrinka n’a pas seulement perdu la finale de Roland-Garros. Il a également mis fin à sa série de victoires en finale de Grand Chelem.

Fin de série pour Stan Wawrinka ! Le Suisse, numéro 3 mondial, n’a pas réussi à améliorer sa série d’invincibilité en finale de Grand Chelem. Après 3 titres en autant de finales disputées, Wawrinka a été complètement dominé par le grand Rafael Nadal, en mission pour gagner sa Decima. Le duel espéré n’a donc pas eu lieu. Le Suisse de 32 ans n’a pu que s’incliner devant la supériorité de l’Espagnol, le dominant en 3 sets (6-2, 6-3, 6-1) et 2h05 de jeu. Sans rancune. La veille du match, Wawrinka confiait au journal l’Equipe que "jouer un Rafa en forme en finale de Roland-Garros, c’est le défi ultime pour tout joueur de tennis". Mais cette fois, le défi était bien trop compliqué.

Un parcours presque parfait

Pourtant, Wawrinka aura outrageusement dominé sa partie de tableau, ne perdant que deux sets avant la finale, contre Andy Murray. En 15h20 passés sur les courtsavant la finale, le Suisse a montré une solidité mentale à toute épreuve durant cette quinzaine. Boosté par son titre à Genève quelques jours plus tôt, il est entré dans son tournoi de la meilleure des façons, balayant le Slovaque Josef Kovalic en 3 sets (6-2, 7-6, 6-3). Puis ce fut au tour d’Alexander Dolgopolov - bien plus accrocheur – de trépasser sous les revers à une main de Wawrinka : 6-4, 7-6, 7-5. Au 3e tour, une première (petite) épreuve. Fabio Fognini, l’italien classé 28e mondial a livré un véritable bras de fer dans le premier set, avant de complètement lâcher le match, pas aidé par un genou douloureux (7-6, 6-0, 6-2).

Pour bien débuter sa deuxième semaine, Wawrinka devait se défaire de l’un des chouchous du public parisien : Gaël Monfils. Après deux sets gagnés à l’arrachée, il élimine le dernier tricolore encore en lice (7-6, 7-5, 6-2) et s’envole vers les quarts de finales, avec l’assurance de jouer l’un des meilleurs tennis de sa carrière. En quarts de finale, le puissant serveur Croate, Marin Cilic, devait constituer la plus grosse opposition pour Wawrinka. Il n’en a rien été. Il n’aura fallu qu’1h40 au Vaudois pour sortir le 7e joueur mondial (6-3, 6-3, 6-1) et s’offrir une troisième demi-finale de suite à Roland-Garros. Son record en Grand Chelem. Et quelle demi-finale ! L’opposition du n°1 mondiale ne se fait pas attendre. C’est bien Andy Murray qui remporte le 1er set du tournoi à Stan. Au terme d’un match dantesque de 4h34, le Britannique a fini par craquer sous les 87 coups gagnants de Wawrinka (6-7, 6-3, 5-7, 7-6, 6-1).

Et le voilà en finale à Paris pour la seconde fois de sa carrière. Sauf que la marche était cette fois-ci bien trop haute. Face à un Nadal en mission pour aller chercher sa Decima, cela s'est avéré quasi-impossible. Balayé 6-2, 6-6, 6-1 en 2h05 de jeu, Wawrinka n’a pu qu’admirer la domination du roi de la terre battue.

L’homme des Grands Chelems

Stan Wawrinka, c’est 16 titres en simple et une présence dans le Top 10 mondial depuis 5 ans. Pourtant, le Suisse de 32 ans n’a remporté qu’un seul Masters 1000 dans sa carrière, en 4 finales. Ce ratio de victoire (25%) est paradoxal lorsque l’on connaît celui qui est le sien en Grand Chelem : 75%. Avant Roland-Garros 2017, Wawrinka n’en avait pas perdu une seule (Open d’Australie 2014, Roland-Garros 2015 et l’US Open 2016). Il est d'ailleurs le seul homme du Top 5 mondial à être plus titré en tournoi majeur qu’en Masters 1000. Preuve d’une capacité à se transcender lors des grands rendez-vous. L’intéressé expliquera qu’il se "sent mieux en Grands Chelems car en cinq sets on a davantage le droit à l’erreur. Ce qui permet d’accumuler de la confiance et d’élever son niveau de jeu tour après tour". A titre de comparaison, Novak Djokovic et Rafael Nadal comptent 30 Masters 1000 et Federer 26.

Mais le principal n’est pas là pour Stan. Le Suisse s’est pris d’amour pour les Grands Chelems. Alors une chose est sûre, Stan Wawrinka et son mental d’acier tenteront tout pour revenir et prouver que cette finale perdue n’était que l’exception qui confirme la règle !

Leo Anselmetti