Laura Flessel, ministre des Sports 052017
Laura Flessel, ministre des Sports | AFP

Les nouveaux défis de Laura Flessel

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Tout juste nommée ministre des Sports, Laura Flessel se dit prête « à croiser le fer » durant sa mission dont le dossier majeur n’est autre que la candidature de Paris aux JO de 2024. Ce dossier sera évidemment le plus important à traiter par l’ex-épéiste, championne olympique en 1996, mais il sera loin d’être le seul.

Objectif Paris 2024

Flessel, qui selon le co-président de Paris 2024 Bernard Lapasset, « symbolise vraiment la vision que l’on porte et le soutien que l’on porte aux valeurs olympiques », est très attendue. Quintuple médaillée olympique, quintuple championne du monde, « la Guêpe » ne doit pas sa présence au sein du nouveau gouvernement qu’à son seul palmarès. Membre du conseil économique, social et environnemental, siégeant au Conseil national du sport et investie dans des associations comme le comité de lutte contre les discriminations, ou encore Paris 2018 pour l’organisation des GayGames, Laura Flessel ne s’est pas reposée sur ses lauriers olympiques.

Déjà ambassadrice de la candidature de Paris aux JO de 2024 avant-même sa nomination, elle connaît parfaitement le dossier qui l’attend. « Il y a un challenge à relever. Je veux que nous obtenions les Jeux, que nous portions haut les couleurs de la France pour cette candidature », a-t-elle assuré. Jusqu’à l’échéance du vote du CIO le 13 septembre prochain à Lima, la ministre des Sports va accompagner, soutenir et dans la mesure du possible faciliter la mission du Comité de candidature de Paris 2024. En cas de succès de la candidature parisienne, la ministre deviendrait alors la garante des engagements de Paris 2024.

Augmenter la pratique du sport en France

Comme l’a déjà précisé le président de la République Emmanuel Macron, l’autre mission qui attend Laura Flessel est le développement de l’exercice physique et sportif en France. L’objectif fixé est d’augmenter le nombre de pratiquants de trois millions, la France comptant 16,1 millions de licenciés et 2,2 millions d’adhérents pour des pratiques ponctuelles. « Le sport amateur, c’est la vitalité de notre sport. La base de tout, ce sont les millions de Français », expliquait le candidat Macron. Parmi les différents leviers à disposition de la toute nouvelle ministre, le sport en entreprise a été souvent mis en valeur par le nouveau chef de l’Etat, ainsi que le développement du sport à l’école, et devront donc être étudiés de près par Laura Flessel. « Avec moi, ça va bouger », promet d’avance l’ancienne athlète. « Je serai la sportive, mais aussi la ministre », a-t-elle lancé.

Pour parvenir à augmenter le nombre de pratiquants en sport, la ministre devra passer inévitablement par le développement des infrastructures, notamment pour le sport de haut niveau. Selon un rapport du Sénat, la fragilité des recettes des clubs professionnels français est en grande partie due à leurs installations. « La prise de conscience du rôle essentiel que jouent désormais les enceintes sportives dans l’économie du sport est récente », précise ce rapport datant de 2014. Mais les infrastructures, de haut niveau ou non, doivent également pouvoir accueillir tout le monde. A ce titre, les lieux favorables à l'accueil d'athlètes handisport sont trop peu nombreux, et là encore, Laura Flessel a du pain sur la planche pour à la fois convaincre la nécessité de tels aménagements, mais aussi pour faciliter leur financement.

Favoriser le sport de haut-niveau

Si comme une soixantaine de sportifs, Laura Flessel a appelé à voter pour Emmanuel Macron, c’est en partie pour le volet haut-niveau du projet sportif présenté par le futur président. Il est ainsi question d’augmenter le mécénat de compétences, autrement dit, la possibilité pour un salarié, sportif de haut-niveau, de se dégager du temps pour s’entraîner et participer aux diverses compétitions, tels que le font par exemple certains athlètes avec le soutien de grandes entreprises françaises. Dans cette optique, Laura Flessel et son équipe devront aussi travailler plus largement sur la valorisation des sportifs de haut-niveau, ainsi que sur l’aide à leur reconversion.

Enfin, la revalorisation des bénévoles -dans ce qui est décrit comme un vaste plan- faisait aussi partie des propositions du candidat Macron, et donc probablement de la feuille de route à suivre pour la ministre des Sports. Parmi d’autres mesures avancées en faveur des bénévoles, était envisagé « le renforcement de la protection des bénévoles en matière de responsabilité personnelle ». Les responsabilités personnelles étant parfois lourdes, nombreuses sont les personnes qui se montrent réticentes à l’idée de s’engager dans des associations.

"Travailler sur les valeurs du sport"

Porte drapeau de la délégation tricolore aux JO de 2012, Flessel devra donc courir sur de nombreux fronts et en a bien conscience. "J'aurais à cœur, comme je l'ai fait de tout temps, à travailler sur les valeurs du sport, sur la lutte contre les discriminations, sur le handicap dans le sport, sur la place de la femme dans la gouvernance du sport, sur l'image de la France à l'international, sur l'éducation de nos enfants, sur le sport dans les quartiers difficiles", résume ainsi l'ancienne championne. Il ne lui reste plus qu’à s’armer de patience, battre le fer et remporter ses nouveaux combats.

Romain Bonte

Omnisport