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Mondiaux de lutte : A 19 ans, Koumba Larroque part à la conquête du monde

A 19 ans, Koumba Larroque est à la conquête de sa première médaille mondiale chez les seniors.

A 19 ans, Koumba Larroque est à la conquête de sa première médaille mondiale chez les seniors. | POOL / KMSP / DPPI

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Publié le 23/08/2017 | 18:09

Elle n'a que 19 ans mais porte une grande partie des espoirs d'une lutte française en perte de vitesse : Koumba Larroque part jeudi à la conquête d'une première médaille mondiale chez les seniors, à domicile, à Paris-Bercy.

"Dès qu'il y a une compétition, il me faut une médaille, parce que je suis vraiment trop mauvaise perdante", assume avec un sourire malicieux la jeune lutteuse de 19 ans, Koumba Larroque, qui combat dans la catégorie des moins de 69 kg. Double championne du monde (cadette en 2015, junior en 2016) et quadruple championne d'Europe (cadette en 2015, junior en 2016 et 2017 et U23 en 2017), elle a en effet vite pris goût à la "boîte", elle qui pratique la lutte dans son club à Sainte-Geneviève-des-Bois, en région parisienne depuis une dizaine d'années.

L'INSEP pour encore passer un cap

Sa progression quasiment linéaire lui a même permis de décrocher ses premiers succès seniors cette année, dont le tournoi de Paris en janvier à l'Insep, sa nouvelle maison. Car depuis septembre, Koumba Larroque a quitté le pôle France jeunes de Clermont-Ferrand pour prendre ses quartiers dans la pépinière du sport français, du côté du Bois de Vincennes.

"C'est différent. A Clermont-Ferrand aussi j'étais bien, parce que je m'entraînais avec les garçons. Ici, c'est plus entre filles, mais on a toutes les structures, tout est dans le même bâtiment", explique-t-elle, alors qu'elle a passé deux années dans le Puy de Dôme, après quatre années à Font-Romeu au pôle Espoir.
Puissante et explosive dans sa lutte --elle mesure autour de 1,70 pour environ 70 kilos--, elle "est au-dessus des filles et elle a besoin de partenaires garçons pour s'entraîner", précise son entraîneur à l'Insep, Nodar Bokhashvili. "On travaille pour faire bouger son adversaire, l'obliger à ouvrir sa lutte, la provoquer, la faire attaquer, pour qu'elle puisse mettre en place ses relances et ses contre-attaques", explique-t-il.

Née d'une mère malienne et d'un père français, elle est la troisième d'une fratrie de cinq enfants, et découvre la lutte grâce à ses deux frères aînés, habitués du tapis jaune. "Je n'avais jamais fait d'autres sports avant, et j'aime bien tout ce qui est sports de combat", clame-t-elle.

Génération Paris 2024

Un peu hésitante à quitter le cocon familial pour Font-Romeu en 2010 à 12 ans, elle est encouragée par sa mère. "Elle m'a dit qu'elle me pensait assez mature pour y aller, et que si ça ne me plaisait pas, je pouvais de toutes façons rentrer". Un choix payant, au point de rater de peu, faute d'expérience et à tout juste 18 ans, la qualification pour les jeux Olympiques de Rio l'an passé, où la France n'a envoyé que deux représentants. "C'est forcément un échec, parce qu'à chaque fois je perds à une place de la qualification", peste-elle. Mais quoi de mieux qu'un titre mondial chez les juniors --en étant surclassée-- fin août, pour oublier ce petit accroc dans sa carrière.

Cette année, l'objectif est très clairement affiché: les Mondiaux à domicile à Paris. Ce qui ne l'a pas empêché de faire déjà retentir à deux reprises la Marseillaise (Euro U23 en mars et Euro junior en juin) et de décrocher sa première médaille senior, du bronze aux Championnats d'Europe. Les Mondiaux 2017, deux jours après son 19e anniversaire, sont pour elle une étape dans l'olympiade qui doit l'amener au sommet aux JO 2020 dans trois ans. "Tokyo, je vais y aller pour l'or. Pas pour de l'argent ou du bronze, mais l'or!"

Ensuite, ce sera place aux Jeux à Paris en 2024, un summum alors qu'elle est l'une des 24 membres du Comité des athlètes du comité de candidature, et qu'elle fait partie de cette génération amenée à briller à domicile dans sept ans.

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