Tour de France 2016 Le parcours étape par étape

Le Tour de France 2016 suivra un tracé bien corsé qui permettra aux favoris de monter en puissance jusqu’à une troisième semaine annoncée comme très éprouvante.

Après le départ de Normandie, les difficultés arrivent très vite. Dès la première semaine (mercredi 6 juillet), les organismes seront confrontés à la fameuse ascension de Super Lioran. La station Auvergnate, qui n'a plus été visitée par le peloton depuis 1975, n'affiche pas un profil du calibre de l'Alpe d'Huez ni du Galibier mais, avec des pentes très rudes, cela pourrait déjà provoquer quelques dégâts. La suite, dans les Pyrénées, s'annonce explosive... Les coureurs prendront la direction d'Andorre en passant notamment par le lac de Payolle, Luchon et Arcalis.

Ensuite, la remontée vers Paris offrira dix jours complètement fous. Le retour du contre-la-montre individuel dans les sublimes Gorges de l'Ardèche cassera les jambes des purs grimpeurs qui devront limiter les écarts après le redoutable Mont Ventoux le 14 juillet.

Le Mont Saint-Michel, la Bastille des mers

Pour terminer, le passage par les Alpes, avant de rejoindre Chantilly pour l'ultime étape vers les Champs-Elysées, proposera Saint-Gervais, Morzine, la montée du Grand Colombier avant l'arrivée à Culoz, et surtout un long passage par la Suisse avec l'inédite et exigeante ascension du barrage d’Emosson, l’une des grandes attractions de ce 103e tour de l'histoire. La course proposera donc quatre arrivées au sommet et deux contre-la-montre dont un à proximité du massif du Mont-Blanc, une montagne omniprésente durant la dernière semaine.

Si le Tour 2016 prend son départ de France pour la première fois depuis 2013, après Leeds en 2014 et Utrecht en 2015, il visite les pays frontaliers de l'hexagone. Espagne, Andorre et Suisse sont ainsi au programme.

1ère étape - Samedi 2 Juillet Mont-Saint-Michel
/ Utah Beach
[188km]

Un départ grandiose pour cette Grande Boucle 2016. Le Mont-Saint-Michel, déjà visité en 1990 (victoire du Belge Johan Museeuw) et en 2013 pour l’arrivée d’un contre-la-montre (succès de l’Allemand Tony Martin), accueille le grand départ d’un Tour placé sous le signe de l’esthétisme selon son directeur Christian Prudhomme.

Chris Froome devant le Mont Saint-Michel
Chris Froome passe devant le Mont Saint-Michel paré de son maillot jaune en 2013
Le peloton non loin du Mont Saint-Michel
Le peloton passe non loin du Mont Saint-Michel
Les coureurs dans les champs entourant le Mont Saint-Michel
Les coureurs filent à vive allure dans les champs entourant le Mont Saint-Michel

Une mise en route en douceur pour les coureurs sur un parcours sans relief qui ravira les sprinteurs : les Allemands Marcel Kittel (lauréat de 8 étapes sur le Tour et porteur du maillot jaune à deux reprises) et André Greipel (vainqueur de 10 étapes sur le Tour dont 4 en 2015) y trouveront un terrain favorable tout comme Mark Cavendish. Le Britannique, qui a déjà triomphé à 26 reprises sur les routes du Tour (dont une fois en 2015), tentera de profiter de ce parcours assez plat pour se rapprocher d’Eddy Merckx (34) et surtout Bernard Hinault (28) au nombre d’étapes gagnées sur la plus grande épreuve cycliste du monde.

L’arrivée, qui pourrait également convenir au Français Bryan Coquard – la meilleure chance tricolore au sprint en l’absence d’Arnaud Démare, sera chargée d’histoire : elle s’effectuera sur la plage d’Utah Beach, l’une des plages du débarquement du 6 juin 1944. De la Merveille de l’Occident au final sur la côte normande, le tracé ravira spectateurs et téléspectateurs.

La plage d’Utah Beach
La plage d’Utah Beach, haut lieu du débarquement du 6 juin 1944

2e étape - Dimanche 3 Juillet Saint-Lô
/ Cherbourg-Octeville
[183 km]

Cette deuxième étape du Tour 2016 sera assez différente de la première et probablement beaucoup plus rythmée. Elle partira de Saint-Lô pour arriver à Cherbourg-en-Cotentin et longera la côte ouest du département de la Manche.

Sur les routes de la Manche
Les forçats de la route à l’œuvre sur les routes de la Manche
Alejandro Valverde
Le puncheur espagnol Alejandro Valverde
Joaquim Rodriguez dit Purito
Joaquim Rodriguez dit Purito, très à l’aise pour les efforts violents sur les bosses

Quatre côtes seront escaladées par les coureurs qui devront également composer avec le vent, comme la veille. La course devrait se durcir à proximité de la quatrième difficulté du jour, la côté de La Glacerie, où sera jugée l’arrivée. Il y aura trois kilomètres de montée agrémentés d’un passage à 14% ! La bataille devrait être splendide entre les chasseurs d’étapes à la Peter Sagan, Alejandro Valverde et autres Julien Alaphilippe et Warren Barguil, et les candidats à la victoire finale comme Alberto Contador, Nairo Quintana, Vincenzo Nibali et Chris Froome sans oublier les Français Romain Bardet et Thibaut Pinot.

Les cotes de la Manche
Les cotes de la Manche

Jusqu’ici, Saint-Lô, ville de 20 000 habitants, figurait encore sur la liste des préfectures de départements métropolitains n’ayant jamais accueilli d’étape du Tour de France avec Moulins (Allier). Le vainqueur à Cherbourg, lui, rejoindra les anciens lauréats : Gustave Garrigou, Henri Pélissier, Ottavio Bottecchia, Philippe Thys ou encore André Leducq.

3e étape - Lundi 4 Juillet Granville / Angers [223,5 km]

La troisième étape de cette Grande Boucle 2016 verra le peloton quitter la Normandie pour se diriger vers les Pays de la Loire, et délaisser la côte normande pour retrouver l’intérieur des terres. De Granville à Angers, les sprinteurs battus du premier jour chercheront à prendre leur revanche sur un tracé plat et très long. Les derniers rois de la vitesse à s’être imposés dans la préfecture du Maine-et-Loire se nomment d’ailleurs Freddy Maertens, Jan Raas et Tom Boonen, redoutables dans la dernière ligne droite.

Dans la campagne normande
Le peloton flâne dans la campagne normande
La foule toujours présente
La foule est toujours présente pour saluer le passage des coureurs
Sprints serrés
Les arrivées donnent parfois lieu à des sprints serrés

Une seule côte sera empruntée par les coureurs et elle est située en début d’étape : la côte de Villedieu-les-Poêles (4e catégorie). Un sprint intermédiaire est placé au km 171, à Bouillé-Ménard.

Tom Boonen
Tom Boonen, vainqueur à Angers en 2011

Il servira peut-être à Peter Sagan pour consolider son maillot vert du classement par points que le Slovaque entend bien conserver sur les Champs-Elysées pour la cinquième fois consécutive (quatre de suite entre 2012 et 2015) et revenir encore un peu sur le recordman Erik Zabel (sept fois lauréat du classement par points).

4e étape - Mardi 5 juillet Saumur / Limoges [237,5 km]

Cette 4e étape sera l’étape la plus longue du Tour de France 2016. La différence se fera à l’usure sur les routes de plaine qui emmèneront les coureurs de Saumur à Limoges (ville-étape pour la 15e fois).

Sylvain Chavanel
Sylvain Chavanel, un coureur d’expérience
Le peloton emmené par l’équipe Sky
Le peloton est emmené par l’équipe Sky
William Bonnet
William Bonnet, le poisson-pilote de l’équipe FDJ

Avant la longue ligne droite en faux plat montant qui conclut l’étape juste devant l’hôtel de ville, la côte de la Maison Neuve (4e catégorie) viendra pimenter les débats. A priori, les sprinteurs seront de nouveau à la fête, mais les attaquants peuvent tenter leur chance à condition de partir de loin et de ne pas attendre la Haute-Vienne pour planter une banderille. Il n’est pas prévu énormément d’arrivées massives sur cette Grande Boucle et les hommes les plus rapides du peloton savent qu’il ne faut pas gâcher la première semaine sous peine d’être bredouille en fin de Tour.

André Greipel, le Gorille de Rostock
La puissance d’André Greipel, le Gorille de Rostock

La dernière arrivée d’étape dans la capitale de la porcelaine date de 2010 lorsque le Français William Bonnet avait devancé au sprint le jeune Peter Sagan (20 ans).

5e étape - Mercredi 6 juillet Limoges / Le Lioran [216 km]

La 5e étape du Tour proposera un tout autre relief aux coureurs après quatre jours assez classiques. La caravane arrivera dans le Sud de la France et rejoindra Le Lioran dans le Massif Central. Une arrivée dans le Cantal pour les coureurs du peloton qui bénéficieront d’un cadre idéal pour lancer des offensives.

La beauté des paysages
La beauté des paysages fait partie de l’histoire du Tour
Thomas Voeckler
Thomas Voeckler, le visage marqué par les efforts
le Tour séduit les spectateurs
De tous temps, le Tour a séduit les spectateurs

La première difficulté du jour aura pour cadre la côte de Saint-Léonard-de-Noblat (4e catégorie). Mais c’est surtout dans le dernier tiers de l’étape que les choses se corseront avec pas moins de cinq côtes de 2e ou 3e catégorie pour un final très alléchant (Côte du Puy-Saint-Mary, Col de Néronne, Pas de Peyrol, Col du Perthus, Col de Font de Cere). Les départ de Limoges ont souvent donné lieu à des étapes mémorables comme en 2004 lorsque Richard Virenque avait effectué un raid solitaire jusqu’à Saint-Flour qui lui avait permis de s’emparer du maillot à pois.

Richard Virenque
Richard Virenque n’a jamais été avare de ses efforts

Les anciens se rappelleront aussi le succès de Michel Pollentier en 1975 sur l’étape Albi-Le Lioran. La station de ski bâtie au pied du Plomb du Cantal devrait accueillir la grande foule pour ce final de choix qui rehausse l’intérêt de la première semaine en ce qui concerne le classement général. Aux favoris de jouer avec ce parcours pour durcir la course et établir les positions.

6e étape - Jeudi 7 juillet Arpajon-sur-Cère
/ Montauban
[190,5 km]

Cette 6e étape reliera Arpajon-sur-Cère à Montauban à travers le Cantal et les routes du Tarn-et-Garonne. Un parcours relativement plat propice aux sprinteurs qui auront une dernière occasion de scorer avant les Pyrénées.

Le peloton profite de la vue
Le peloton profite de la vue
Sprint
Les coureurs se déhanchent, ils écrasent les pédales : c’est un sprint

Le peloton passera par Villefranche-de-Rouergue et trois côtes parsèmeront le tracé dans une région où le soleil de juillet pourrait accabler les coureurs (Col des Estaques, Côte d’Aubin, Côte de Saint-Antonin-Noble-Val). L’arrivée peut sourire aux sprinteurs sauf si une échappée se forme rapidement. Le chevronné Jacky Durand enleva à Montauban sa troisième et dernière étape sur la Grande Boucle en 1998 en battant ses cinq compagnons de fuite dont l’Italien Andrea Tafi (2e).

André Greipel, meilleur sprinteur du Tour 2015
André Greipel, le meilleur sprinteur du Tour 2015

Une journée faste pour le cyclisme tricolore puisque Laurent Desbiens (5e de l’étape) s’offrira la tunique jaune au nez et à la barbe de… Tafi.

7e étape - Vendredi 8 juillet L’Isle-Jourdain
/ Lac de Payolle
[162,5 km]

Cette étape entre les départements du Gers et des Hautes-Pyrénées devrait s’avérer spectaculaire avec la montée du col d’Aspin puis la superbe et très technique descente vers le lac de Payolle qui pourrait bien convenir à des spécialistes comme Vincenzo Nibali, Alberto Contador ou encore –côté français- Romain Bardet.

Vincenzo Nibali, lauréat du Tour de France 2014
Vincenzo Nibali, lauréat du Tour de France 2014
La brume enveloppe les Pyrénées
La brume enveloppe les Pyrénées
Un champ de tournesols
Un champ de tournesols

Même si les coureurs arrivent dans le Massif Pyrénéen, cette étape ne sera toutefois pas très difficile avec seulement la côte de Capvern classée en 4e catégorie. Le peloton sera au cœur du Sud-Ouest, en plein territoire rugbystique. Si la voisine Auch a déjà reçu trois arrivées dans les seventies, L’Isles-Jourdain, chef-lieu du canton du Gers, accueillera le Tour pour la première fois la Grande Boucle.

Et au milieu coule une rivière
Et au milieu coule une rivière

L’arrivée est inédite : d’habitude, les coureurs passent à proximité du lac quand ils doivent franchir le col du Tourmalet pour rallier Cauterets. Autre élément à prendre en considération, le climat. Il peut faire très chaud dans cette région en juillet. Cette étape promet donc énormément et elle pourrait sourire à un attaquant qui partirait de loin vu que le programme qui attend les favoris pour les deux jours suivants dans les Pyrénées s’annonce terrible.

8e étape - Samedi 9 Juillet Pau /
Bagnères-de-Luchon
[184 km]

LA grande étape pyrénéenne. Après la première journée pyrénéenne au Lac de Payolle, on entre dans le vif du sujet avec le traditionnel saute-mouton au cœur du massif franco-espagnol. Le menu est corsé ! Jugez plutôt : le Tourmalet (19 km à 7,4%), la Hourquette d’Ancizan (8,2 km à 4,9% mais des passages à 12%) découverte en 2011 par le Tour de France, Val Louron-Azet (10,7 km à 6,8%) et Peyresourde (7,1 km à 7,8%). Voilà pour le menu.

Le décor majestueux des Pyrénées
Le décor majestueux des Pyrénées
Etape de montagne
Les étapes de montagne sont les plus prisées par les spectateurs
Thomas Voeckler, redoutable descendeur
Thomas Voeckler, un redoutable descendeur

Le scénario n’appartient qu’aux coureurs mais on peut déjà l’imaginer. Un joli groupe de baroudeurs/grimpeurs et/ou de piégés de la première semaine qui part tôt pour espérer devancer les favoris après la longue descente vers Bagnères-de-Luchon et imiter une longue liste de vainqueurs prestigieux (Bahamontes, Poulidor, Merckx, Hinault, Ullrich, Pantani ou encore Voeckler et Valverde) lors des 23 arrivées de la Grande Boucle dans cette station thermale ou pour viser le maillot à pois si cher à Richard Virenque (recordman en la matière avec sept « titres »).

Chris Froome devant Alberto Contador
Chris Froome devant Alberto Contador, un duel redondant

Du côté des favoris, on surveillera les coureurs de panache que sont Contador et Bardet. Surtout, il faudra se farcir quasiment cinquante kilomètres d’ascension dans les deux derniers tiers de l’étape, attention à la répétition des efforts après la course de côte de la veille. La dernière descente pourrait cependant convaincre les favoris de ne rien tenter avant une nouvelle arrivée en altitude le lendemain vers Andorre-Arcalis.

9e étape - Dimanche 10 juillet Vielha Val D’Aran
/ Andorre Arcalis
[184,5 km]

Fait assez rare pour être souligné – en dehors des Grand Départs à l’étranger – cette neuvième étape du Tour de France visitera deux pays… mais pas la France ! Le départ, de Vielha Val d’Aran sera donné à 1105m d’altitude en Espagne alors que les coureurs prendront la direction d’Andorre Arcalis sur les 184,5 kilomètres de la journée. Avec la finale de l’Euro de football le même jour au Stade de France, il y a peu de chances de voir François Hollande dans la principauté bien que le président de la République en soit le coprince depuis son élection en 2012.

à 5 km du sommet
Les coureurs passent à l’attaque à 5 km du sommet
Jan Ullrich, vainqueur du Tour en 1997
Jan Ullrich, vainqueur du Tour en 1997
Le peloton musarde en route
Le peloton musarde en route

Sur le terrain sportif, c’est une nouvelle journée difficile qui attend les coureurs avec une côte de deuxième catégorie (Côte de la Cormella) trois cols de première catégorie (Port de Bonaigua, Port del Canto et Col de Beixalis) et enfin la montée finale hors catégorie vers Andore Arcalis (10,1 km à 7,2%) là où Jan Ullrich avait « tué » le père Bjarne Riis sur le Tour de France 1997 et où Brice Feillu s’était révélé en 2009. A partir du pied de la côte de la Cormella, les coureurs seront constamment en prise et cet enchaînement promet un grand spectacle dans la lutte pour le classement général.

La joie du vainqueur à l’arrivée
La joie du vainqueur à l’arrivée

A la veille de la première journée de repos, les organismes seront à coup sûr éprouvés mais si certains piocheront, d’autres profiteront de la promesse d’une journée « off » pour aller tenter un joli coup, que ce soit pour l’étape, le général ou un maillot distinctif.

10e étape - Mardi 12 juillet Escales-Engordany
/ Revel
[197 km]

Après une journée de repos bien méritée passée entre les montagnes d’Andorre dans un décor majestueux, les coureurs du Tour de France reprennent la direction de la France ! Attention toutefois au réveil musculaire. En guise de hors d’œuvre, les organisateurs ont placé le mythique Port d’Envalira sur la route du Tour de France. Ses 22,6 kilomètres d’ascension à 5,5% de moyenne seront le moment idéal pour lancer une offensive et viser l’étape.

La fatigue se devine souvent
La fatigue se devine souvent dans la posture du coureur
Joachim Rodriguez en danseuse
Joachim Rodriguez en danseuse, une attitude classique pour l’Espagnol
le peloton se scinde en plusieurs groupes
Quand la route s’élève, le peloton se scinde en plusieurs groupes

Néanmoins, la longue descente vers Revel, faite de faux-plat descendants et de courtes montées sera propice à un retour des sprinteurs, qui auront forcément été lâchés dans la première ascension du jour. Evidemment, avec un col de première catégorie on surveillera les chasseurs de pois rouges. Gardons un œil aussi sur Peter Sagan qui a fait de ce genre d’étape sa spécialité pour aller glaner facilement les points du sprint intermédiaire, placé en milieu d’étape.

Après le passage dans les Pyrénées et la journée de repos, quels sprinteurs seront capables de se jouer la gagne à Revel où récemment les grimpeurs règnent en maître (Vinokourov, Savoldelli) ? Ne pas sous-estimer toutefois la côte de Saint-Ferréol dont le sommet placé à sept kilomètres du but peut donner des idées à des puncheurs, comme Thomas Voeckler.

11e étape - Mercredi 13 juillet Carcassonne
/ Montpellier
[162,5 km]

Une étape courte qui fera plaisir aux coureurs éprouvant le besoin de souffler alors que le Mont Ventoux se profile le lendemain. Les attaquants se demanderont où sont passées les traditionnelles étapes de transition un peu accidentées sur lesquelles les équipes de sprinteurs laissaient partir les échappés appelés à se jouer la victoire en groupe plus ou moins fourni.

La citadelle de Carcassonne
La citadelle de Carcassonne
Mark Cavendish, vainqueur à Carcassonne en 2011
Mark Cavendish, vainqueur à Carcassonne en 2011
Les vignes de Saint-Chinian
Les vignes de Saint-Chinian

Des sublimes remparts de Carcassonne jusqu’à Montpellier dans l’Héraut, deux côtes de quatrième catégorie seront au programme mais pour le reste, aucune difficulté ne semble en mesure de pousser les sprinteurs à se reposer sur leurs lauriers. D’autant plus que ces affamés de la victoire n’ont pas tant d’occasions que ça de briller sur ce Tour de France 2016 et encore moins dans la dernière semaine et demie.

Robbie McEwen, vainqueur à Montpellier en 2005
Robbie McEwen, vainqueur à Montpellier en 2005

Si les Pyrénées ont fait des dégâts, le nom d’un outsider pourrait bien sortir du chapeau à Montpellier où le Tour de France est déjà arrivé 19 fois depuis 1947 ! Un coup d’œil sur la liste des derniers vainqueurs prouve que les sprinteurs y sont rois : Greipel en 2013, Cavendish en 2011, Hunter en 2007, McEwen en 2005… Lévriers de la route, à vous de jouer !

12e étape - Jeudi 14 juillet Montpellier
/ Mont Ventoux
[184 km]

Ah le Géant de Provence ! Mythique, terrifiant. Comme à son habitude, le Mont Ventoux est placé à la fin d’une étape quasiment plate. C’est donc une course de côte à laquelle nous assisterons ce jeudi 14 juillet, jour de fête nationale française.

La ville de Montpellier
La ville de Montpellier
Lance Armstrong et Marco Pantani sur le Tour en l’an 2000
Lance Armstrong et Marco Pantani sur le Tour en l’an 2000
Richard Virenque sur le Ventoux en 2002
Richard Virenque sur le Ventoux en 2002

La tension va monter toute la journée et gare à la peur qui peut tétaniser les jambes à l’approche du Ventoux. La côte des Gordes et le Col des Trois Termes (2,5 km à 7,5% quand même) serviront de mise en jambe avant l’explication entre costauds sur le « Mont Chauve » là où les plus grands ont gagné : Froome en 2013, Virenque en 2002, Pantani en 2000, Merckx en 1970, Poulidor en 1965. En ce jour de 14 juillet, on surveillera tout particulièrement les grimpeurs français. On pense évidemment aux Pinot, Bardet ou Barguil mais ceux-ci, s’ils ne sont pas repoussés très loin au général seront surveillés, c’est pourquoi les noms des Gautier, Vuillermoz, Jeannesson, Sicard, Voeckler, Feillu ou Coppel résonnent à nos oreilles.

Le Mont Ventoux, un mythe du Tour
Le Mont Ventoux, un mythe du Tour

Une chose est sûre, si un fuyard veut s’imposer à l’Observatoire, il devra espérer deux choses : être costaud, condition sine qua non, et que les leaders ne déclenchent pas la grande bagarre tôt sur les pentes du Mont Ventoux. Tous voudront imiter leurs mythiques devanciers, les Virenque, Moncoutié, Jalabert, Thévenet ou Anquetil, vainqueurs un 14 juillet sur le Tour.

13e étape - Vendredi 15 juillet Bourg-Saint-Andéol
/ La Caverne du Pont-D’arc
[37,5 km]

Enfin un contre-la-montre ! Les spécialistes de l’effort solitaire ont dû en endurer des moments difficiles avant de pouvoir être sur leur terrain de prédilection. Il a fallu attendre quasiment deux semaines de courses pour voir le premier chrono. La distance reliant Bourg-Saint-Andéol et La Caverne du Pont D’Arc est moyenne (37,5 km).

Miguel Angel Lopez
Miguel Angel Lopez sur un contre-la-montre en cote
Philippe Gilbert à Bourg-Saint-Andéol
Philippe Gilbert à Bourg-Saint-Andéol

En revanche, le profil a tout pour créer des écarts. Pas forcément typée pour les spécialistes, la route entre la Drôme, l’Isère et l’Ain offre différentes saveurs, pour tous les goûts ! Il faudra bien s’échauffer puisque la côte de Bourg-Saint-Andéol (6,9 km à 4,9%) est placée dès les premiers kilomètres du jour. Ensuite, un long moment sur un plateau offert à tous les vents puis une descente avant la remontée vers La Caverne Du Pont-D’Arc (3,3 km à 4,9%) pour aller chercher l’arrivée.

Alberto Contador dans l'exercice du chrono
Alberto Contador dans l'exercice du chrono

Bien sûr, ces deux côtes ne présentent pas des pourcentages effrayants mais une difficulté sur un contre-la-montre ajoute toujours une part de doute. Partez trop vite et vous le regretterez, partez trop lentement et vous prendrez un écart terrible dès le premier point intermédiaire. Une journée à ne surtout pas sous-estimer pour les candidats au podium et à la victoire finale.

14e étape - Samedi 16 juillet Montélimar
/ Villars-Les-Dombes
[208,5 km]

Une nouvelle arrivée inédite sur ce Tour de France 2016. Au Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes, ce ne sont pas moins de 300 espèces d’oiseaux qui attendent les coureurs. Pour Vélo Magazine, Pierre Latour, régional du coin, prévient : « venteux donc piégeux » !

Pierre Latour, le régional de l’étape
Pierre Latour, le régional de l’étape
Andre Greipel, sprinteur très puissant
Andre Greipel, sprinteur très puissant
Le peloton en file indienne
Le peloton en file indienne

Pour faire simple, si le vent souffre du nord, il sera de face et calmera les plus téméraires, s’il vient de côté en revanche, il pourrait bien mettre la pagaille dans le peloton et punir les moins concentrés ! Pour le reste, si le profil laisse penser que les coureurs seront constamment en prise, il est difficile d’imaginer les sprinteurs faire l’impasse sur cette ultime occasion de briller avant de souffrir dans les Alpes.

Mais comme nous entrons tout doucement dans la dernière semaine de course, les organismes seront fatigués et c’est souvent à ce moment-là qu’une surprise arrive. Pour les échappés, il faudra être malin dans le traditionnel jeu du chat et de la souris avec le peloton et miser sur une trop grande confiance à l’arrière.

15e étape - Dimanche 17 juillet Bourg-en-Bresse
/ Culoz
[160 km]

Pour cette 15e étape, les coureurs se joueront la victoire dans le massif jurassien, parfois sous-estimé par rapport aux Alpes et Pyrénées, mais toujours redoutable. Véritable étape de montagne, les candidats au maillot jaune devront monter par deux fois le Grand Colombier, sommet du Jura. Juge de paix de cette journée, ce col hors-catégorie sera grimpé par deux versants différents, tous menant au sommet.

Chris Froome, lauréat du Tour en 2013 et en 2015
Chris Froome, lauréat du Tour en 2013 et en 2015
Thibaut Pinot, 3e du Tour en 2014
Thibaut Pinot, 3e du Tour en 2014
L’atmosphère dans les cols est incroyable
L’atmosphère dans les cols est incroyable

Mais le coureur qui passera en tête à ce point culminant n'aura toutefois pas course gagnée. La descente jusque Culoz pourra également s'avérer ardue, et ceux qui ne se sentent pas vraiment à l'aise dans ce type d'exercice devront redoubler d'attention pour leurs trajectoires. Culoz est une des nombreuses villes-étapes inédites de cette édition. Ce terrain de jeu montagneux est évidemment conçu pour les purs grimpeurs, à l'image de Nairo Quintana ou Chris Froome, en encore Contador…

A deux jours de la dernière journée de repos, cette étape est idéale pour bien se replacer au classement général, et marquer le coup avant les Alpes, dernier volet de ce Tour de France.

16e étape - Lundi 18 juillet Moirans-en-Montagne
/ Berne
[209 km]

Après la Manche, les Pyrénées et le Jura, direction la Suisse pour le peloton du Tour de France. Cette 18e étape sonne comme l'avant-dernière occasion de briller pour les sprinteurs, avant bien entendu la traditionnelle arrivée aux Champs-Élysées. Du moins, ceux qui parviendront à passer avec le peloton au sommet de la Côte de Mühleberg (1,2 kilomètre de montée à 4,8 % de moyenne).

Le Norvégien Edvald Boasson Hagen
Le Norvégien Edvald Boasson Hagen
Nacer Bouhanni, meilleur sprinteur français actuel
Nacer Bouhanni, le meilleur sprinteur français actuel
Peter Sagan, le champion du monde
Peter Sagan, le champion du monde

Le kilométrage de cette seule difficulté répertoriée de la journée n'est certes pas élevé, mais pourrait peut-être déjouer les plans des trains de sprinteurs, ou causer le décrochage de certains, fatigués par les rudes étapes des jours précédents. A la veille de la dernière journée de repos, cette côte reste tout de même assez éloignée de l'arrivée (26 kilomètres de l'arrivée), mais reste à surveiller. Les sprinteurs qui parviennent à passer les bosses, à l'image de Bouhanni (Cofidis) ou encore Boassen Hagen (Dimension Data) devraient s'en donner à cœur joie.

Le Tour passe en Suisse cette année
Le Tour passe en Suisse cette année

Cette étape est totalement inédite sur les routes du Tour de France ; jamais encore Moirans-en-Montagne ou Berne n'avaient accueilli la Grande Boucle. Ce sera chose faite.

17e étape - Mercredi 20 juillet Berne
Finhaut-Emosson
[184.5 km]

La légende du Tour de France ne se construit pas seulement sur les fabuleuses épopées des coureurs, ou encore sur l'incroyable popularité de la caravane publicitaire. La Grande Boucle, ce sont également des lieux mythiques traversés, des hommages rendus à des histoires passées. Le Mont-Saint-Michel, le Ventoux, ou tout simplement les Champs-Elysées sont des mythes de la course. Et le barrage d'Emosson pourrait bien faire partie de ces lieux incontournables.

Les coureurs passent au dessus de Berne
Les coureurs passent au dessus de Berne
Les lacs de la Suisse font partie du paysage
Les lacs de la Suisse font partie du paysage
Les coureurs à l’attaque
Les coureurs à l’attaque

Entre le col de la Forclaz (13 km à 7,9% de moyenne) et la montée finale vers Finhaut-Emosson (10,4km à 8,4 % de moyenne) cette journée devrait faire le bonheur des grimpeurs, au lendemain d'une dernière journée de repos bien méritée. Pour les quelques prétendants à la victoire finale qui n'ont pas une âme de rouleur, cette étape sera une occasion majeure pour prendre du temps en vue du contre-la-montre du lendemain.

Alberto Contador, vainqueur du Tour à deux reprises
Alberto Contador, vainqueur du Tour à deux reprises

La fin du Tour approche, il n'y aura plus beaucoup d'autres occasions pour faire mouche. Cette étape 100 % helvétique devrait plaire aux Contador, Quintana et autres.

18e étape - Jeudi 21 Juillet Sallanches
Megève
[17 km]

Après une escapade suisse, le Tour fera son retour en France, dans un lieu très important pour le cyclisme français. Il y a 36 ans, Bernard Hinault remportait en effet à Sallanches le titre de champion du monde sur route. Mais cette année, « le Blaireau » vit son dernier Tour en tant que membre de l'organisation de l'épreuve. Pour sa dernière Grande Boucle avec ASO, le Breton verra donc la 18e étape s'élancer de la ville où il a concquis son maillot arc-en-ciel.

Les coureurs passent au dessus de Berne
Bernard Hinault, cinq fois vainqueur du Tour, en plein effort
Les lacs de la Suisse font partie du paysage
Bernard Hinault, champion du monde à Sallanches en 1980
Les coureurs à l’attaque
Thibaut Pinot s’est bien amélioré dans les chronos

Pour ce deuxième jour dans les Alpes, les coureurs s'élanceront tour à tour pour un contre-la-montre individuel de 18 kilomètres. Mais pour rallier Megève, ils devront passer par les côtes de Domancy et Chozeaux. Un format qui devrait favoriser parmi les têtes d'affiche les plus rouleurs des grimpeurs, à l'image de Nairo Quintana, mais aussi du Français Thibaut Pinot. Les spécialistes de l'effort solitaire ne sont pas en reste, et ceux qui résistent le mieux aux pentes ardues du jour peuvent terminer dans les premières places.

Le Colombien Nairo Quintana, 2e du Tour 2015

Nul doute que ce contre-la-montre, placé à trois jours de l'arrivée finale à Paris, jouera un rôle crucial pour la victoire finale.

19e étape - Vendredi 22 Juillet Albertville
Saint-Gervais Mont Blanc
[146 km]

Après le Mont-Saint-Michel, le Ventoux, ou encore le barrage d'Emosson, c'est un sublime décor qui attend à nouveau les coureurs du Tour de France. Le Mont Blanc sera le juge de paix de cette 19e étape. Alors que le col de la Forclaz suisse a été franchi voici quelques jours, ce sont au tour des deux autres cols éponymes de jouer un rôle crucial dans la course au maillot jaune.

Daniel Teklehaimanot
Daniel Teklehaimanot, premier coureur noir africain à revêtir un maillot distinctif
Chris Froome, maillot jaune l’an dernier
Chris Froome, maillot jaune l’an dernier, sera encore l’homme à battre

Avec quatre cols au programme, cette avant-dernière journée alpestre promet un sacré spectacle, le tout dans un environnement époustouflant. Le Mont Bisanne sera pour la première fois emprunté par le peloton de la Grande Boucle, et nul doute que cette ascension longue de 12,4 kilomètres, avec près de 8,2 kilomètres de moyenne, devrait faire quelques dégâts et causer une réelle sélection parmi les favoris.

La montée finale du Bettex causera sans aucun doute une dernière explication entre les cadors, les plus en forme, voire les rescapés de l'échappée du jour. Ces dix derniers kilomètres à 8 % de moyenne peuvent rapidement se transformer en calvaire au vu des sévères pentes de cette côte des Amerands.





20e étape - Samedi 23 juillet Megève
Morzine
[146.5 km]

Nous y voilà, à la veille de cette arrivée finale qui ne couronnera qu'un seul coureur parmi les 200 initialement engagés. A 24 heures de ce podium sur les Champs-Elysées, qui placera dans la postérité et la légende du Tour de France, un homme, porteur du maillot jaune. C'est le jour du grand final pour la Grande Boucle, celui où tout peut encore se jouer.

Alberto Contador
Alberto Contador rêve de ramener la tunique jaune à Paris
Chris Froome à l’offensive en descente
Chris Froome à l’offensive en descente
Richard Virenque
Richard Virenque, un des grands animateurs du Tour des années 90-2000

Col des Aravis (6,7 km à 7%), col de la Colombière (11,7 km à 5,8%), col de la Ramaz (13,9 km à 7,1%), ou encore Joux Plane (11,6 à 8,5%)…. Tout est tracé pour que les meilleurs grimpeurs aient un excellent terrain pour exprimer une dernière fois leurs talents. Mais le final de cette étape, et plus globalement du Tour, pourrait réellement se jouer dans la descente du col de Joux Plane… 12 kilomètres au total, où il faudra conserver sa lucidité et sa fraîcheur, avant d'attendre Morzine.

A l'image de l'Alpe d'Huez l'an passé, cette dernière étape alpestre sonnera pour les coureurs bien placés au général comme une occasion de grappiller encore quelques secondes, mais aussi de remporter une étape de prestige.

21e étape - Dimanche 24 juillet Chantilly
Paris Champs-Élysées
[113 km]

Au départ du célèbre château de Chantilly, les jeux seront faits : le Tour 2016 connaîtra le nom du vainqueur, final porteur pour la dernière fois du maillot jaune, du moins s'il parvient à relier l'arrivée. Le Tour, ce sera fini, du moins pour cette année. Le dernier acte de trois semaines de combat acharné, de lutte pour le pouvoir, de souffrance et rictus de douleurs après une terrible troisième semaine.

Le château de Chantilly
Le château de Chantilly
Tentative d’échappée
Les tentatives d’échappées avortent souvent lors de la dernière étape
Le peloton traditionnellement groupé pour l’ultime étape
Le peloton reste traditionnellement groupé pour l’ultime étape

Pour la première fois depuis 32 ans, un départ de la dernière étape est donné dans le nord de Paris. L'occasion de voir d'autres facettes de Paris, avant de lâcher une dernière fois les fauves sur cette fameuse ligne droite, cette si célèbre avenue des Champs-Elysées. Difficile de croire que certains tenteront de faire comme Alexandre Vinokourov, vainqueur surprise de cette dernière étape, pourtant promise aux sprinteurs, en 2005.

L’arrivée sur les Champs-Elysées
L’arrivée sur les Champs-Elysées est toujours un grand moment pour les coureurs

La fête s'annonce belle, comme toujours. Comme la tradition le veut, les porteurs de maillots disinctifs se verront récompensés par une remise des coupes, avec comme cadre en arrière-plan l'Arc de Triomphe.

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