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A Marseille, la fracture est profonde entre supporters et dirigeants

Jacques-Henri Eyraud et Rudi Garcia, lors de l'arrivée à l'OM de ce dernier en octobre 2016

Jacques-Henri Eyraud et Rudi Garcia, lors de l'arrivée à l'OM de ce dernier en octobre 2016 | AFP

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Publié le 14/09/2017 | 08:11, mis à jour le 14/09/2017 | 10:29

Alors que l'Olympique de Marseille entame ce jeudi soir sa campagne européenne, Rudi Garcia et ses joueurs reçoivent au Vélodrome les Turcs de Konyaspor dans un climat pesant. Fonds de jeu inexistant, des joueurs pas au niveau, un entraîneur malmené et des supporters qui demandent des comptes... L'OM va devoir vite réagir s'il ne veut pas s'installer durablement dans la crise.

Des banderoles acérées, des sifflets et des appels à la démission du coach qui fusent à travers le Vélodrome, des prestations loin des ambitions annoncées… Sur le papier, cet Olympique de Marseille n’a rien à envier à celui que l’on a pu connaître sous l’ère Margarita Louis-Dreyfus. Après un début de saison raté et deux gifles face à Monaco puis Rennes, l’OM Champions Project a pris du plomb dans l’aile, à l’image du fameux projet Dortmund porté à l’époque par le président Vincent Labrune. Rien ne semble avoir changé du côté de la Canebière alors que tout semblait en place pour enfin faire basculer l’OM définitivement du bon côté.

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Bientôt un an après l’arrivée de l’Américain Frank McCourt comme propriétaire puis de Jacques-Henri Eyraud à la présidence et de Rudi Garcia sur le banc de touche, la lune de miel semble bel et bien terminée et la fracture entre les supporters et la direction de plus en plus profonde. La faute à l’espoir suscité lors de l’arrivée du richissime américain et aux promesses d’un investissement censé faire de l’OM une équipe capable de retrouver la Ligue des Champions et d'aller à moyen terme titiller le mastodonte PSG dans la course au titre. Mais malgré les 118M€ investis, le club phocéen voit aujourd'hui son ambitieuse communication lui revenir comme un boomerang et ses supporters déjà perdre patience.

 
Le propriétaire de l'Olympique de Marseille Frank McCourt (AFP)
 

A l’issue de l’humiliation face à Rennes, les South Winners, l’un des principaux groupes de supporters, a publié un communiqué incisif sur les réseaux sociaux en demandant des comptes au président Eyraud.  "Que comptez-vous faire, Monsieur le Président Eyraud ? Encore nous mentir, comme lors des précédentes réunions entre le club et les groupes de supporters, ou bien enfin assumer ouvertement vos trop nombreuses erreurs, marques indélébiles d’un fiasco retentissant", peut-on lire. "L’OM ce n’est ni Dysneyland, ni une société. L’OM c’est nous ! (…) Stop aux mensonges et autres belles paroles pour nous vendre du rêve, la tisane est terminée, et surtout il est temps d'arrêter au plus vite cette mascarade !", ajoutent les South Winners, qui réclament des départs au sein de l’organigramme ainsi que celui de Rudi Garcia, "qui n'a plus aucun crédit à nos yeux".

Rudi Garcia sur la tangente

Pas épargné par les sifflets face à Rennes, Rudi Garcia est en première ligne aux côtés de Jacques-Henri Eyraud. Plus que les résultats, c’est surtout le fonds de jeu qui inquiète et qui est remis en cause. Si Garcia a sombré tactiquement à Monaco en faisant le pari d’un dispositif ultra-défensif, le non-match et le manque d’envie de ses joueurs face aux Bretons ainsi que ses choix surprenants ont fini de rendre sa situation de plus en plus bancale. Si la saison est encore longue et qu'un rebond peut vite arriver, le coach marseillais sait qu'il joue déjà gros ce soir au moment de recevoir Konyaspor en Ligue Europa, dans un Vélodrome peu connu pour son indulgence en cas de coup dur. Une nouvelle contre-performance et la fracture pourrait bien être définitive.

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