Riner sourire
Teddy Riner garde le sourire | MARTIN BUREAU / AFP

Teddy Riner cherche la perfection

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Encore impressionnant de facilité samedi lors de la conquête de son cinquième sacre européen à Kazan, Teddy Riner sent pourtant qu’il n’a pas tout donné. Inquiété en demi-finale des lourds, l’octuple champion du monde français a pu se ressaisir grâce à son talent. A près de 100 jours des Jeux Olympiques, Riner sait qu’il doit rester concentré sur son objectif, et ne doit rien laisser au hasard. Un deuxième titre olympique est en jeu.

"Ce titre, il n'a pas la saveur des années où il n'y a qu'un championnat dans la saison", a indiqué l’un des sportifs préférés des Français. "Il a de la saveur parce que je commence à voir le bout du tunnel de l'Olympiade », a-t-il expliqué. Invaincu depuis 2010 et fort de 124 victoires d’affilée, toutes compétitions confondues, Teddy Riner se trace un chemin royal vers la conquête d’un deuxième titre olympique. Cela lui permettrait à l'occasion d'égaler un certain David Douillet, double médaillé d'or aux JO, et de devenir ainsi le plus grand judoka de tous les temps.

Régner sans partage depuis près de dix ans sur les tatamis européens (et mondiaux) n’est pas à la portée de tout le monde. Et à 27 ans, Riner entend bien rester le patron. Incontesté, respecté, voire admiré par la concurrence, le natif de Pointe-à-Pitre se doit d’être irréprochable. Alors lorsque le Géorgien Levani Matiashvili commence à le bousculer en demi-finale des championnats d’Europe, le colosse de 140 kilos sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur.

La quête d'un deuxième sacre olympique

« Plus on s’élève, et plus dure sera la chute » , rappelle un proverbe chinois. Riner en a bien conscience, lui qui avait été surpris en demi-finale des JO de Pékin, en 2008, puis en finale des Mondiaux 2010. Mais son incroyable palmarès ne s’est pas construit sur du vent, et l’athlète peut puiser dans d’inépuisables ressources. Alors oui, le jeune Géorgien l’a inquiété, mais, oui, Riner l’a battu sur ippon… Quant à la finale, le Guadeloupéen n’a eu aucun mal à la maîtriser, plaçant un inédit juji-gatame à la volée, face au jeune Israélien Or Sasson, vice-champion d'Europe. Là encore, c’est sur ippon qu’il s’est imposé, confirmant une fois encore sa suprématie.

Considéré par le DTN, Jean-Claude Senaud, comme « la locomotive du judo français », il est un modèle pour tous les athlètes français. C’est aussi pour cette raison que Riner doit chercher la perfection. « Je peux être plus agressif, il me manque quelque chose et je veux arriver aux Jeux en étant complet partout », a-t-il d’ailleurs assuré après avoir conquis l’Europe pour la cinquième fois. Dans près de 100 jours, c’est un titre olympique qu’il voudra aller chercher, et rien d’autre.

Romain Bonte