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Rio 2016 - Une enquête ouverte au Brésil pour corruption lors de l'attribution des JO 2016

Le village olympique de Rio, avant les JO en 2016

Le village olympique de Rio, avant les JO en 2016 | YASUYOSHI CHIBA / AFP

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Publié le 05/09/2017 | 13:40, mis à jour le 05/09/2017 | 13:58

La police brésilienne a annoncé l'ouverture d'une enquête pour corruption dans le cadre de l'attribution des jeux Olympiques 2016 à la ville de Rio, avec de possibles achats de voix au sein du Comité international olympique (CIO). Des perquisitions ont été menées tôt mardi dans le très chic quartier carioca de Leblon au domicile de Carlos Nuzman, président du Comité national olympique brésilien, et qui était à la tête de la candidature de la cité brésilienne, puis au siège du comité olympiques brésilien. Une enquête sur ce dossier avait été ouverte en France par le parquet national financier voici quelques mois..

Après les affaires concernant les nombreux ouvrages (stades, routes...) réalisés dans le cadre de la Coupe du monde de football 2014, le Brésil pourrait être de nouveau secoué par des affaires liées aux Jeux Olympiques 2016. Dans ce pays gangrené par la corruption, où la présidente Dilma Roussef avait été destituée avant les Jeux et son successeur Temer fait face à des accusations de corruption, la première organisation des JO sur le continent sud-américain pouvait représenter un danger. Outre les infrastructures construites pour un coût exorbitant par rapport au budget initial, la justice s'intéresse à un achat de voix au sein du CIO, lors de l'attribution des JO. Et la police est passée à l'action.

Des officiers de la police judiciaire brésilienne, accompagnés de leurs homologues français et américains, ont mené des perquisitions à la recherche de preuves sur "l'achat de voix dans le cadre de l'élection par le Comité international olympique de la ville-hôte des jeux Olympiques 2016", précise la police dans un communiqué. Les forces de l'ordre se sont également rendues au siège du comité olympique brésilien, où la sécurité a tenté de les empêcher de rentrer, comme le raconte sur son compte twitter ce journaliste des sports de Globo qui accompagne l'opération.

Deux mandats d'arrêt ont également été émis, l'un d'eux contre Arthur Cesar de Menezes, homme d'affaires plus connu sous le nom de Roi Arthur (qui vit à Miami). Le CIO a de son côté sobrement commenté les opérations menées par la police au Brésil: "Le CIO a pris connaissance de ces éléments par les médias et fait tout ce qui lui est possible pour obtenir toutes les informations. Cela relève de la plus haute importance pour le CIO d'obtenir des clarifications sur ce sujet", écrit l'instance dans un communiqué.

Une enquête débutée en France

En France, une enquête similaire a déjà été ouverte par le parquet national financier (PNF), qui travaille sur des soupçons de corruption autour de l'attribution des JO d'été à Rio pour 2016, décidée par un vote des membres du CIO, le 2 octobre 2009 à Copenhague, au détriment de Chicago, Madrid et Tokyo. D'après des documents transmis par le fisc américain à la justice française, révélés par Le Monde en mars 2017, une société (Matlock Capital Group) gérant les intérêts d'un homme d'affaires brésilien, Arthur Cesar de Menezes Soares Filho, avait versé trois jours avant le vote la somme de 1,5 million de dollars à une société appartenant à Papa Massata Diack, fils du patron à l'époque de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) et membre du CIO Lamine Diack. L'homme d'affaires brésilien est un proche de Sergio Cabral, l'ancien gouverneur de l'Etat de Rio entre 2007 et 2014, condamné à 14 ans de prison dans un méga scandale de corruption du Brésil.


Lire aussi: JO-2016: L'enfer du décor


Le 2 octobre 2009, Papa Massata Diack, puissant consultant marketing pour l'IAAF, avait viré 299.300 dollars de sa société vers une structure (Yemi Limited), que Le Monde a pu relier, grâce aux données des Panama Papers, à l'ancien champion d'athlétisme namibien Frankie Fredericks. Ce dernier était alors scrutateur du vote pour le CIO, dont il est devenu membre en 2012. L'ancien sprinteur, qui a justifié ce virement par des activités de promotion pour l'athlétisme, a néanmoins été contraint de démissionner de son poste de président de la commission d'évaluation des JO de 2024, avant d'être exclu de l'IAAF.

 
 

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