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Rio 2016 : L'équitation française a brillamment relevé la tête après Londres

Le quatuor du CSO par équipes Philippe Rozier, Roger-Yves Bost, Pénélope Leprevost et Kevin Staut

Le quatuor du CSO par équipes Philippe Rozier, Roger-Yves Bost, Pénélope Leprevost et Kevin Staut | AFP - EDDY LEMAISTRE

Par notre envoyé spécial

Publié le 19/08/2016 | 23:19, mis à jour le 19/08/2016 | 23:36

Les cavaliers français n’ont pas réussi à terminer leur Jeux avec une médaille individuelle en saut d’obstacles. Mais pour l’équitation tricolore, quatre ans après le fiasco de Londres, Rio auront été les Jeux du renouveau. Avec deux titres par équipes et une médaille d’argent en individuel, elle repart du Brésil avec une superbe moisson, après avoir surmonté certains écueils.

"Aujourd’hui c’était du bonus", avoue d’emblée Philippe Rozier, finalement 22e du saut d’obstacles individuel. Les trois cavaliers français (Rozier, Kevin Staut et Roger-Yves Bost) n’ont pas réussi à décrocher une quatrième médaille durant ces JO, mais pour eux l’apothéose avait eu lieu avant. Il y a deux jours lors du saut d’obstacles par équipe, le quatuor Roger-Yves Bost, Kevin Staut, Philippe Rozier et Pénélope Leprevost avait offert à la France son premier titre dans la discipline depuis 40 ans et les JO de Montréal. "J’étais réserviste à Montréal mais je m’en rappelle bien", avouait mercredi le sélectionneur suisse de l’équipe de France, Philippe Guerdat.

Ce titre est venu clore une folle quinzaine. Tout avait parfaitement débuté avec le titre olympique du concours complet par équipe. "Ces petits gars (Karim Laghouag, Thibaut Vallette, Mathieu Lemoine, Nicolas Astier) ont été fantastiques. On est passé par toutes les couleurs dans ce concours : on avait le bronze, puis on était en chocolat (4e, ndlr), puis en argent et on a fini par accrocher l’or", relate la consultante Francetv Sport, Virginie Couperie-Eiffel.

Le cauchemar puis le rêve

Nicolas Astier a poursuivi la dynamique avec sa médaille d’argent en concours complet individuel. Avant le jumping, le moral était au beau fixe, mais "le ciel est tombé sur la tête" de l’équipe de France, selon Virginie Couperie-Eiffel. Simon Delestre, le leader de l’équipe de France, a dû déclarer forfait en raison de la blessure de son cheval Hermès Ryan au jarret. Premier coup dur. Le second est intervenu la veille du début du concours avec la maladie de Flora de Mariposa, la monture de Pénélope Leprevost. Ces coups durs ont resserré les rangs. "J’ai passé une nuit dans les écuries avec deux de mes cavaliers qui dormaient sur des matelas posés au sol, rappelle le sélectionneur, certains pleuraient, j’étais debout à tourner en rond. On a vécu des choses intenses". La malédiction ne s'est pas arrêtée là puisque finalement alignée, Pénélope Leprevost a chuté lors du premier jour de compétition. Cette série noire a pris fin avec ce deuxième titre olympique.

Donc au moment de faire le bilan des JO, l’échec dans le CSO individuel passait au second plan. "C’est magnifique, savoure Roger-Yves Bost. On voulait deux médailles, on en a eu trois, dont deux d’or". Le zéro pointé de Londres est oublié. "La France a de bons cavaliers, mais ils étaient un peu jeunes à Londres, explique 'Bosty ', il y a eu une belle alchimie à Rio. On a eu une semaine difficile mais on a eu les problèmes avant les autres". "J’ai vieilli de 20 ans avec ce début de semaine, mais là je les ai récupérés", sourit le sélectionneur.

Des chevaux en progrès

Kevin Staut, le troisième larron, récite le même refrain : "c’est archi-positif ! On était venu pour une médaille, on repart avec la plus belle par équipe". L’autre satisfaction est le niveau affiché par les montures. "Elles ont volé", synthétise Virginie Couperie-Eiffel. Tous les cavaliers ont noté les progrès. Philippe Rozier, qui a remplacé au pied levé Simon Delestre, a salué Rahotep de Toscane. "J’ai un crack, assure-t-il, ce cheval a pris la mesure de ses capacités". Idem chez Kevin Staut où Rêveur de Hurtebise a été déterminant dans le CSO par équipes. "C’est un cheval en lequel j’ai toujours cru. Il y a  pourtant eu des moments où on s’est moins bien entendu, avoue-t-il. Il a fallu que j’attende 15 ans pour qu’il entre dans la légende". "Il faut bien protéger ces chevaux-là, prévient Philippe Rozier, parce que derrière il n’y a pas grand-chose. Ce bilan est exceptionnel". Et ce n’est pas cette dernière journée qui est venu le gâcher.

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