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Rio 2016 - Handball: Les Français très déçus par leur défaite en finale

Kentin Mahé regarde sa médaille d'argent olympique, aux côtés de Nikola Karabatic

Kentin Mahé regarde sa médaille d'argent olympique, aux côtés de Nikola Karabatic | AFP - FRANCK FIFE

Par notre envoyé spécial

Publié le 21/08/2016 | 22:52, mis à jour le 21/08/2016 | 23:17

L'équipe de France a connu, pour la première fois depuis 1993, la défaite en finale d'une grande compétition, en s'inclinant (28-26) contre le Danemark en finale des JO. Fatigués, les Experts ne réaliseront pas un inédit triplé olympique. "C'est vraiment dur de donner autant et de ne pas aller au bout", a dit Daniel Narcisse.

Dehors, une tempête de vent souffle. A l'intérieur de la Future Arena, c'est aussi un cataclysme qui vient de se dérouler. Double championne olympique et championne du monde en titre, l'équipe de France s'est inclinée contre le Danemark. C'est la première fois qu'elle perd une finale, depuis le championnat du monde 1993. Les Bleus, qu'ils s'appellent Barjots, Costauds ou Experts, restaient sur 10 succès consécutifs en finale de compétitions majeures. "La nature même d'une série, c'est qu'elle soit interrompue. Là, on va repartir à zéro", disait Claude Onesta, l'entraîneur. "On n'est pas très habitué à perdre. Mais c'est une habitude assez naturelle. On ne l'a pas trop." Didier Dinart, son adjoint désormais aux manettes, le confirme: "On a l'habitude de voir cette équipe de France gagner des titres, des médailles. Aujourd'hui, on est tombé sur une équipe du Danemark qui avait envie de revanche. On les a joués trois fois cette saison, et on les avait battus. Mais peu importe, ils ont gagné aujourd'hui. On a perdu le match qu'il ne fallait pas."

Vidéo: Les Experts sont tombés

 
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Trop de fatigue

Très fatigués à l'issue de la victoire arrachée à l'ultime seconde de jeu contre l'Allemagne (29-28), les Français n'ont pas trouvé d'énergie pour hausser le ton lors de cette finale. "On a accusé beaucoup de fatigue", soulignait Dinart. "Physiquement, pour tirer, c'était dur", avouait Nikola Karabatic. "On a laissé beaucoup de force dans la bataille. On a payé ça aussi." Toujours très précis dans ses analyses, qu'il gagne ou qu'il perde, Michael Guigou enfonçait le clou: "Il y a cette nouvelle règle à 7 contre 6 qui est très compliquée et nous a fatigué au fur et à mesure de la compétition." Tout au long de la compétition, les favoris pour l'or ont en effet fait face à des attaques régulièrement en supériorité numérique, grâce à la sortie du gardien de but. Cela a pesé. "Aujourd'hui il nous a manqué de la lucidité et de la fraîcheur pour jouer plus juste en attaque comme en défense", estime l'ailier de Montpellier. "On a été hésitant des deux côtés. Ca a fait la différence."

"Guigou: "On n'a pas joué à notre meilleur niveau"

Mais tout le monde le reconnaît: "Il n'y a pas photo sur le match", lâche Claude Onesta. "L'équipe du Danemark, on peut la dominer quand on peut la mettre en crise et la faire douter. Aujourd'hui, c'est eux qui ont été capables de rester solides, de se mettre en réussite. Ils ont fait la course en tête avec de la confiance, beaucoup de réussite mais elle va à ceux qui la tentent le plus. Le match est compliqué parce qu'on finit par le subir." Daniel Narcisse n'a pas sauvé son équipe, comme il l'avait déjà fait en demi-finale: "L'équipe du Danemark a fait un match monstrueux. Ils ont très bien préparé ce match tactiquement. Ils nous ont poussés dans nos derniers retranchements. Ils on été meilleurs que nous aujourd'hui. C'est une énorme déception. C'est dur d'être arrivé aussi loin et de ne pas terminer le travail et de finir comme ça." Quelques secondes après la fin de la rencontre, Nikola Karabatic repense encore à certaines phases de jeu: "Le Danemark a eu beaucoup de réussite, notamment en première mi-temps où ils ont des poteaux rentrants. Tout leur a souri en première mi-temps alors qu'on était bien dedans, qu'on avait la possibilité de faire +3. On s'est fait siffler 15 passages en force, eux pas un seul. C'est un peu dur dans la tête." Michael Guigou a aussi de l'amertume: "Je pense qu'aujourd'hui, on n'a pas tous fait le match qu'il fallait. On n'a pas joué à notre meilleur niveau."

L'avenir est à eux

Tous parlent d'énorme déception. Mikkel Hanssen, le drapeau du Danemark autour du cou, passe derrière ses coéquipiers du PSG, en leur adressant une petite tape amicale. "C'est vraiment dur de donner autant et de ne pas aller au bout", glisse Daniel Narcisse. "L'argent, à cette heure-ci, reste une déception et un échec", résume Claude Onesta. "Les regrets seront sûrement atténués, car j'ai le sentiment que l'adversaire ne l'a pas volé. Avec un peu de temps, on repensera à ce parcours réussi. Il a sûrement manqué aux cadres de la fraîcheur sur cette fin de match. Peut-être que nos jeunes le sont un peu trop pour assumer ce niveau de jeu. Mais ce qu'ils ont vécu ici sera un gros bagage pour l'avenir." D'autant qu'au même moment, l'équipe des moins de 18 ans remportait le titre européen, après avoir conquis le monde en 2015. Didier Dinart veut également voir le verre à moitié plein: "Aujourd'hui il faut se réjouir car pour perdre une finale, il faut y arriver. Etre en finale des JO, c'est tout de même un très bon résultat." Habitués à l'or, les Experts doivent redécouvrir le goût de l'argent.

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