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Rio 2016 - Badminton: Brice Leverdez, le combat du plaisir à Rio

Le N.1 français Brice Leverdez

Le N.1 français Brice Leverdez | AFP - RIA NOVOSTI - MAKSIM BOGODVID

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Publié le 14/08/2016 | 06:07

A 30 ans, Brice Leverdez est l’un des deux représentants français engagés en individuel en badminton aux Jeux Olympiques de Rio. Pour ses deuxièmes Jeux, le Francilien, vainqueur samedi de l'Estonien Must et qui affronte aujourd'hui le Danois Jorgensen, recherchera le plaisir sur le terrain, source des meilleures performances pour lui.

Brice Leverdez est le patron du badminton français depuis 2008. En Europe, il s’est installé dans les 10 meilleurs. A l’échelle mondiale, il fait partie du Top 40. « Si je joue bien, je peux battre n’importe qui », assure-t-il. Il peut afficher une telle confiance car il a battu le Danois Jan Jorgensen, N.1 européen (qu'il affronte aujourd'hui), lors des championnats d’Europe par équipe en février dernier : « Battre le 3e mondial, c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire. En deux ans, j’ai battu 5-6 Top 10 grâce à mon nouveau style de jeu. »

Il est devenu une sangsue

Du haut de ses 30 printemps, ce natif de La Garenne-Colombes a pris conscience du temps qui passe : « On ne peut plus jouer comme à 20 ans. Plus jeune, on utilise la vitesse, la puissance. Désormais, j’ai adopté un style d’attaquant pour finir sur du jeu à mi-court. C’est le moyen que j’ai trouvé pour battre les meilleurs. Je suis comme une sangsue qui ne lâche pas sa proie. » Il ajoute à tout cela un mental, mais pas seulement : « J’ai appris à lire le jeu. Avant, j’avais plus de mal. Et j’ai appris à jouer sur cet aspect tactique. Et puis, on essaye de faire sortir l’adversaire de son match. Tout le monde use énormément cette option. C’est pour ça que les joueurs sont très calmes. Beaucoup de matches se jouent sur la tactique et la capacité à se surpasser. »

Raquette en mains et volant en ligne de mire, Brice Leverdez mène un gros combat, dans la droite ligne de son sport d’origine. Pendant 7 ans, il a en effet pratiqué le judo, avant de bifurquer vers le badminton « par hasard, par chance », après s’être blessé au judo. « Ma sœur s’était inscrite au badminton, mais elle s’est blessée. Du coup, j’ai pris sa place et j’ai tout de suite aimé. » Du tatamis, il a gardé ce goût du combat, de l’engagement physique, de la tactique : « Au bad, le combat est à distance. Et au judo, on peut perdre ou gagner très rapidement, alors qu’au badminton, l’effort est plus long. Du coup, il est plus difficile de battre des joueurs plus forts. »

Les leçons de Londres

A Londres, voici quatre ans, il avait déjà gagné le droit de participer aux Jeux Olympiques. « Cela reste une expérience mitigée. Je m’étais fixé un gros objectif : atteindre les 8e de finale. Je me suis fait sortir au 2e tour. Quand on participe à une compétition, c’est toujours pour gagner. J’avais essayé de jouer mon jeu. Avec le recul, j’aurais peut-être dû me préparer et jouer différemment. J’ai appris. » A Rio, il ne veut pas rééditer les erreurs passées. « Ca reste une compétition comme une autre. Cette fois, je suis plus serein. Je n’ai pas besoin de me dire que si je me blesse… Alors qu’avant Londres, tous les jours je pensais à la blessure. »

Brice Leverdez a donc vécu une préparation plus sereine, plus relaxante, pour vivre ces JO, son « rêve d’enfant », beaucoup mieux que la première fois. « C’est un rêve d’adulte », acquiesce-t-il. « Mais ce n’est pas une finalité. » Un podium en serait-il une ? Pas du tout. « Ce n’est pas le résultat mais la façon dont je vais jouer qui sera importante. Cette année, je vais aux Jeux pour prendre du plaisir. »

Dans cette année olympique, il a lancé sa propre marque de vêtements, un projet sur lequel il planchait depuis deux ans. « Ca m’a permis de relativiser beaucoup de choses et de me concentrer sur mon jeu », explique-t-il. Suspendu par sa Fédération pour avoir contesté l’obligation faite aux joueurs de participer aux Jeux européens de Bakou en 2015, il avait des choses à évacuer. Désormais débarrassé de ces problèmes, passé par le festival de Cannes pour promouvoir sa marque, Brice Leverdez veut « profiter de ce qui va arriver ». Sans stress.

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