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JO - Le CIO 1er gagnant de l'accord entre Paris et Los Angeles pour 2024 et 2028

Thomas Bach, président du CIO, entouré par Eric Garcetti, le maire de Los Angeles, et Anne Hidalgo, maire de Paris

Thomas Bach, président du CIO, entouré par Eric Garcetti, le maire de Los Angeles, et Anne Hidalgo, maire de Paris | AFP - Fabrice COFFRINI

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Publié le 01/08/2017 | 08:09, mis à jour le 01/08/2017 | 08:10

En trouvant un accord pour se répartir l'organisation des Jeux Olympiques en 2024 et 2028, Paris et Los Angeles ont trouvé une issue à leur duel. Mais comme l'avait expliqué la maire de Paris, Anne Hidalgo, "il faudra trois gagnants". Et c'est certainement le Comité international olympique qui est le grand vainqueur de cet accord.

2024, une édition sinistrée

Hambourg, Rome, Budapest, Boston. Ces quatre villes ont fait marche arrière. Désireuses d'organiser les Jeux Olympiques en 2024, elles ont toutes préféré se retirer, souvent face à la pression populaire. Los Angeles a donc repris le flambeau abandonné par Boston pour présenter une candidature américaine, et Paris a poursuivi jusqu'au bout. Devant les risques économiques majeurs, comme l'ont connu les éditions à Rio en 2016 ou pire encore Athènes en 2004, devant les contraintes imposées par le Comité international olympique pour prétendre à cette organisation, les candidats se font de plus en plus rare.

"Bach a su transformer une crise (candidatures qui se retirent l'une après l'autre) en opportunité, en étant tranquille pour les Jeux d'été jusqu'à la fin de sa présidence pour avoir le temps de réformer", analyse l'universitaire Jean-Loup Chappelet, spécialiste du mouvement olympique, professeur à l'Institut de hautes études en administration publique à Lausanne.

Une stratégie à risques récompensée

Le CIO a décidé d'octroyer les Jeux Olympiques 2024 et 2028 lors de son assemblée à Lima, au Pérou, le 13 septembre prochain. Mais pour y parvenir, il a préféré associer Paris et Los Angeles, en leur confiant le soin de s'entendre pour se répartir ces deux événements. La tactique était à risques. En effet, si aucun accord n'avait été trouvé, le CIO aurait dû voter pour l'un d'eux, et donc mécontenter l'un des prétendants. Au risque de le perdre pour l'édition 2028, et surtout au risque de refroidir encore un peu de futurs prétendants à l'organisation des Jeux. Le CIO a donc certainement été partie prenante dans les discussions entre les deux comités d'organisation, pour s'assurer qu'une issue positive interviendrait. C'est pour cela que le CIO a mis 1.8 milliard de dollars sur la table pour contribuer "à l'effort du comité d'organisation". 

Un avenir éclairci

Entre 2013 et 2016, le CIO a vu ses revenus atteindre les 5.7 milliards de dollars (4.9 milliards d'euros), en gausse de 7.6% par rapport à la période 2009-2012. Provenant en majorité des droits de diffusion (73%), de marketing (18%) ces revenus sont aussi issus des Etats-Unis. Car la plupart des gros financeurs sont américains (General Electric, Coca Cola, NBC...). En donnant les Jeux 2028 à Los Angeles, le CIO s'assure un avenir financier. "Paris est certes une grande ville, mais d'un point de vue commercial, elle n'est pas aussi importante que Los Angeles pour l'avenir du CIO", estime auprès de l'AFP Patrick Nally, spécialiste du marketing sportif et à l'origine du programme des partenaires olympiques du CIO. "Il faut se souvenir qu'à l'époque des JO-1984 à Los Angeles (qui avait été seule candidate, nldr), les Etats-Unis ont sauvé le CIO. Et grâce aux accords avec NBC et Coca Cola notamment, les USA sont devenus un marché très important".

Par ailleurs, en donnant une visibilité à 11 ans, le CIO offre des perspectives plus rassurantes pour les futurs candidats. Avec plus de temps, les investissements peuvent être lissés sur davantage d'années, et donc les efforts seront moins brutaux. Mais comme il s'y était engagé via son train de réformes baptisé "Agenda-2020), Thomas Bach, le président du CIO, doit encore trouver un moyen de rendre les JO plus accessibles. Car il n'est pas certain qu'il fasse une double attribution pour les Jeux d'hiver 2026-2030, à l'image de ce qui a été fait là pour ceux d'été 2024-2028. Car Pékin, pour 2022, n'avait que Almaty comme rival. A moins que l'exception devienne la règle. 

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