L'Arena Corinthians, à l'est de Sao Paulo, le 17 mars 2015
L'Arena Corinthians, à l'est de Sao Paulo, le 17 mars 2015 | AFP

A J-500, les JO de Rio ont encore du pain sur la planche

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A 500 jours de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Rio en 2016, les préparatifs semblent remis sur la bonne voie. En février dernier, la commission de coordination du Comité International Olympique (CIO) avait fait part de sa satisfaction face aux "solides progrès" des organisateurs brésiliens mais le plus dur reste à faire…

Il y a un an, le vice-président du CIO John D. Coates avait jeté un pavé dans la mare en décrivant les préparatifs de Rio-2016 comme le "pire" chantier olympique jamais vu. "La situation est critique sur le terrain, la préparation est pire qu'à Athènes", avait-il lancé en référence aux très critiqués JO de 2004. Depuis, le message a été visiblement entendu, et la mise en place de groupes de travail a porté ses fruits. Mais le CIO reste vigilant, alors qu'une neuvième visite de la commission chargée de veiller au bon déroulement des opérations est prévue au mois d'août prochain.

"Des avancées encourageantes"

"Les sites sportifs prennent forme et de nombreuses initiatives participatives telles que la billetterie, le volontariat et le relais de la flamme olympique ont été lancées", indique le CIO.
Pour la présidente de la commission, Nawal El Moutawakel, l'heure est à l'optimisme relatif. "Les avancées réalisées s'agissant des parcs olympiques de Barra et de Deodoro sont très encourageantes et laisseront de formidables legs aux habitants de Rio et aux athlètes du Brésil", s'est-elle félicitée tout en rappelant que le plus dur est à venir.

Selon le cahier des charges, 21 épreuves tests sont prévues cette année. La première série d’épreuves de plein air se déroulera entre juillet et octobre, puis des épreuves en salle auront lieu de novembre 2015 à février 2016. Enfin, les dernières épreuves de ce type sont fixées en mars et en mai 2016, avant le début des Jeux Olympiques, le 5 août 2016. Pas moins de 7 800 athlètes participeront à ces épreuves tests, permettant par ailleurs à environ 16 000 volontaires de se roder sur de tels événements.

Les dossiers qui fâchent 

Vue partielle du canal de Cunha qui se déverse dans la très polluée baie de Guanabara à Rio de Janeiro (en mars 2015)
Vue partielle du canal de Cunha qui se déverse dans la très polluée baie de Guanabara à Rio de Janeiro (en mars 2015) © AFP

Dans cette dernière ligne droite, certains dossiers restent toutefois inquiétants. Le CIO a mis ainsi la pression sur les délais de livraison des sites, notamment concernant le terrain de golf, le vélodrome et les sites du concours complet. Les problématiques de l'hébergement et du transport ont également été pointées du doigt par le CIO, et feront l'objet de contrôles encore plus poussés lors de la prochaine visite de la commission en août prochain. Et Il y a encore des sujets plus épineux, tels que le site des épreuves de voile.

L'an passé, des chercheurs brésiliens ont en effet détecté une bactérie extrêmement résistante à différents endroits du fleuve Carioca, qui se jette dans la baie de Rio. Le système d'assainissement daterait du 18e siècle, et les eaux du fleuve sont littéralement transformées en égouts, selon les biologistes qui ont découvert la molécule. Résistant à la plupart des antibiotiques courants, le fameux enzyme appelé KPC peut conduire à une hospitalisation si elle est attrapée par un baigneur… Selon les organisateurs, un plan de dépollution a bien été prévu, mais il semble peu probable de voir une eau irréprochable sur la plage de Flamengo, lieu de l'embouchure du fleuve, lors des prochains JO.

Romain Bonte