Carlos Nuzman arrêté par la Police Fédérale au Brésil
Carlos Nuzman, président du Comité olympique brésilien, lors de son arrestation le 5 octobre 2017 | AFP - Mauro PIMENTEL

Carlos Nuzman, président du comité olympique brésilien, arrêté pour corruption

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Président du Comité olympique brésilien et mis en cause dans les affaires de corruption en marge des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016, Carlos Nuzman a été arrêté par la police de son pays. Voici un mois, les enquêteurs avaient perquisitionné son domicile ainsi que le siège du comité olympique brésilien. A 75 ans, l'homme-clé de la première organisation de JO en Amérique du Sud est accusé de "corruption, blanchiment d'argent et participation à une organisation criminelle". L'ex-directeur des opérations de Rio 2016, Leonardo Gryner, a également été arrêté.

C'est une énième "opération main propre" au Brésil. Dans ce pays miné par la corruption, la Police Fédérale a frappé fort en arrêtant Carlos Nuzman et Leonardo Gryner, deux des principaux dirigeants du Comité d'organisation des JO 2016. Le premier, qui est également président du Comité olympique brésilien (depuis 22 ans), est suspecté d'avoir acheté des votes lors de l'attribution de ces JO, auprès de membres du Comité international olympique (CIO). Nuzman a été interpellé à son domicile, situé dans la ville de Rio et dans le quartier résidentiel de Leblon, à 6h du matin. La demande d'arrestation aurait été faite en raison d'une tentative de dissimulation de biens.

A relire: Une enquête ouverte au Brésil pour corruption lors de l'attribution des JO 2016

Cette enquête est d'une grande ampleur, puisque des enquêteurs français et d'autres américains participent à cette enquête mondiale, initiée par le Parquet financier français. Le 5 septembre, Carlos Nuzman avait été interrogé durant plusieurs heures par la police fédérale qui le soupçonne d'avoir été "l'élément central" d'un réseau présumé de corruption ayant permis à la ville d'obtenir les jeux Olympiques. La justice brésilienne soupçonne l'ex-gouverneur de Rio, Sergio Cabral -qui purge actuellement une peine de 14 ans de prison pour corruption passive et blanchiment d'argent- d'avoir été le cerveau de cette opération qui aurait eu pour objet le versement de pots de vin pour un montant de deux millions de dollars au Sénégalais Papa Massata Diack, fils de l'ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme et ex-membre du CIO, Lamine Diack.

Réaction mesurée au CIO

A Lausanne, le CIO a réagi sobrement à l'arrestation de M. Nuzman en indiquant simplement en "prendre note". "Le président de la commission d'éthique du CIO (l'ancien secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, ndlr) a demandé aux autorités brésiliennes des informations complètes afin de poursuivre l'enquête du CIO et a offert la coopération entière du CIO", a indiqué un porte-parole. Le CIO ajoute qu'il ne fera aucun commentaire sur cette affaire avant la recommandation de la Commission d'éthique et réitère la prévalence de la "présomption d'innocence". Les soupçons de corruption pesant sur l'octroi des JO de Rio avaient obscurci la réunion du CIO à Lima début septembre, consacrée à l'annonce de l'attribution des JO de 2024 et 2028 à Paris et Los Angeles. La commission d'éthique du CIO avait "demandé à ses avocats brésiliens de prendre contact avec les autorités judiciaires brésiliennes" pour obtenir des informations sur cette affaire.