Thibaut Pinot (FDJ.fr)
Thibaut Pinot (FDJ.fr), l'un des nouveaux leaders du cyclisme français | PASCAL GUYOT / AFP

Le cyclisme français à l’heure de la relève

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De Romain Bardet à Arnaud Démare, en passant par le champion de France Arthur Vichot, Damien Gaudin, Alexis Vuillermoz, ou la nouvelle tête de pont Thibaut Pinot, les talents au potentiel reconnu déboulent dans le peloton depuis quelques temps. La Grande Boucle devrait en profiter dès ce mois de juillet.

A tout seigneur, tout honneur ! Surprenant 10e du dernier Tour de France, Thibaut Pinot incarne à merveille la nouvelle génération conquérante du vélo bleu. Depuis les exploits de Pierre Rolland (26 ans, Europcar) en 2011 (victoire à l’Alpe-D’Huez, meilleur jeune du Tour), performances confirmées l’année dernière (8e place du général à Paris), la petite reine hexagonale donne chaque mois ou presque des signes de renouveau.

Pinot l’emblème

La vieille génération des Chavanel, Voeckler, Fédrigo ou autres Casar, vit ses dernières (belles) années, et la relève fait plus que pointer son nez. Elle obtient régulièrement des résultats et semble bien décidée à rivaliser avec les ténors du peloton.

Thibaut Pinot, à qui Marc Madiot a offert de grandes responsabilités sur ce Tour, ne s’en cache pas. « Mon équipe m’a configuré pour être leader sur un Grand Tour, pour faire trois semaines, donc je serai là pour faire le général, confie volontiers la nouvelle figure de proue de la formation FDJ.fr. « Il y a de plus en plus de jeunes qui se distinguent C’est une nouvelle génération qui arrive, ça fait du bien au vélo », confirme son coéquipier William Bonnet (31 ans), bien placé pour juger cette arrivée massive de coureurs prometteurs.

Géniez, Vuillermoz, Reza, Coquard...

Même constat de sang neuf pour Brice Feillu, le grimpeur de la Sojasun, qui a lui-même bénéficié d’un éclairage précoce après son succès à Andorre-Arcalis, en 2009 (à 24 ans). « Il y a pas mal de nouveaux coureurs qui poussent », souligne-t-il. « L’année passée, beaucoup de gens ont découvert Thibaut Pinot. Il peut refaire quelque chose de grand cette année. Il y en a d’autres comme Alexandre Geniez (25 ans) ou –dans notre équipe- un gars comme Alexis Vuillermoz (25 ans). Il vient du VTT : première année pro sur la route et il participe au Tour de France. Je suis très content pour lui. Les gens ne le connaissent pas forcément sauf dans le monde du VTT, mais il est prometteur ».

Propos corroborés par Kevin Reza (25 ans, Europcar), qui personnifie à merveille l’absence de complexe de cette génération de coureurs nés à la jonction des années 80 et 90. « C’est une belle génération qui débute depuis quelques temps. Elle montre qu’elle sera présente dans les années à venir. Thibaut Pinot, par exemple, a fait ses preuves depuis deux ans. J’espère que la relève va briller aussi chez nous, comme Bryan Coquard a déjà pu le faire même si ce n’était pas sur le Tour (médaillé de bronze sur l’omnium aux JO de Londres) ».

Pression sur les anciens

John Gadret (34 ans, AG2R), se réjouit de voir ses jeunes aux dents longues booster le peloton même si ça doit se faire au détriment des anciens : « Il y a beaucoup de coureurs chevronnés qui ne sont pas au départ. C’est vrai que les petits jeunes poussent derrière. J’ai été sélectionné mais j’ai dû batailler fort pour être là. C’est bien, ça donne de la pression. On a beaucoup de jeunes qui marchent bien, même à l’étranger, et ce n’est pas plus mal pour le cyclisme ».

Dans son équipe, un certain Romain Bardet fait parler de lui depuis quelques mois. Ce baroudeur (22 ans) fait office de futur pilier du cyclisme français dans un style offensif qui plait car il rappelle le panache d’un Voeckler. « Il fait partie de ma garde rapprochée sur ce Tour, a expliqué son leader Jean-Christophe Péraud. Romain fait partie de ces coureurs qui peuvent gagner une étape ».

Bardet, le puncheur type

Vincent Lavenu, le directeur sportif de l’équipe française, trouve cette évolution logique. « Naturellement, les équipes se doivent d’intégrer de nouveaux coureurs tous les ans pour booster l’ensemble, pour bousculer la hiérarchie qui est un peu établie dans les groupes. En ce qui nous concerne, on a fait rentrer Romain Bardet qui est très talentueux. Et c’est un peu le cas dans toutes les équipes. On a en ce moment en France beaucoup de jeunes coureurs qui n’ont pas froid aux yeux, qui ne craignent pas la confrontation avec le niveau international. C’est bien, ça veut dire qu’on est dans une phase ascendante. On a beaucoup de bons jeunes sprinteurs qui sont au niveau mondial aujourd’hui (Bouhani, Démare, Coquard), il y a de très bons grimpeurs qui arrivent avec notamment Pinot, Bardet mais aussi d’autres coureurs. Tout ça est de nature à nous rassurer pour le futur. Ca nous conforte dans l'idée que tout le travail effectué depuis de longues années auprès des Français paye enfin ».

Vidéo: les jeunes français se montrent depuis le départ du Tour

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