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Mondiaux: Teddy Riner à la relance

Le judoka français Teddy Riner

Le judoka français Teddy Riner | Toshifumi KITAMURA / AFP

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Publié le 01/09/2017 | 17:17, mis à jour le 01/09/2017 | 17:34

Sevré de compétition depuis plus d'un an et les JO de rio, Teddy Riner retrouve les tatamis samedi aux Mondiaux de judo de Budapest, avec sans doute quelques incertitudes, mais une force mentale à toute épreuve qui devrait lui permettre de s'en sortir encore une fois avec les honneurs. Et même s'il a replongé pour une nouvelle olympiade en aspirant à développer un judo plus flamboyant, le Français, lancé à la conquête d'un neuvième sacre mondial inédit, reconnaît que, avant tout, il visera "la gagne" avant la manière.

En retrouvant dojo et tatamis en janvier, en revenant à l'entraînement cinq mois après avoir conservé la couronne olympique des poids lourds, le Français (28 ans) avait identifié le moyen de durer et garder la flamme: "La source de motivation de ces quatre ans, c'est retrouver un judo flamboyant. Teddy doit prendre du plaisir à mettre des ippons", expliquait alors son entraîneur, Franck Chambily. Pour chasser au passage la frustration née ces dernières années de combats verrouillés par ses adversaires. "Je m'entraîne comme un dingue, j'essaie de mettre tout le temps des ippons. Alors quand on tombe sur un adversaire qui refuse le combat ou se met tout le temps en défense, ça devient un peu lassant", ne cachait pas Riner.

Pépins physiques

A très court terme, samedi dans la capitale hongroise, la donne est toutefois différente. Car quand le colosse (2,03 m, 140 kg), invaincu depuis presque sept ans et une série vertigineuse de 128 combats, a repris l'entraînement,  il avait atteint "des sommets inégalés" sur la balance, hérités d'une longue pause post-olympique. Il a aussi été perturbé par un enchaînement- de pépins physiques. Un tibia gauche douloureux l'a privé d'un retour en Russie fin mai, puis son coude droit, déjà opéré en 2015, s'est remis à grincer.

Il ne s'est pas épargné une ultime frayeur dans la dernière ligne droite avant Budapest: une coupure au niveau du pouce, qui lui a valu quelques points de suture et l'oblige à combattre la main strappée. "Il y a la réalité d'une année post-olympique un peu difficile. Après Londres (en 2012), ça l'avait été mais il était quand même champion d'Europe en titre avant de partir à Rio (pour les Mondiaux-2013, ndlr). Là, il a zéro compétition, il n'est plus tête de série, il se met en danger".

La manière attendra 

Dans ces conditions, la manière risque d'attendre. "Très sincèrement, on est dans la gagne coûte que coûte, reconnaît l'entraîneur. Le judo flamboyant, s'il est là tant mieux, s'il n'est pas là, on l'oublie. L'objectif, c'est d'aller conquérir un neuvième titre mondial, c'est la gagne avant tout." Pour autant, Riner n'a pas envisagé "une seule fois", dixit Chambily, de faire l'impasse sur les Mondiaux-2017, une option choisie par exemple par les trois champions olympiques en titre japonais, et à laquelle son entraîneur était favorable. A la fois pour préserver son élève d'une éventuelle "saturation" et "prendre le temps de travailler techniquement pour développer un judo qui gagne en efficacité". Mais Riner lui a fait savoir qu'il n"était pas rassasié et qu'il avait la volonté d'aller chercher un nouveau titre.

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