L'Albatros, le parcours du Golf National à Saint-Quentin-en-Yvelines
L'Albatros, le parcours du Golf National à Saint-Quentin-en-Yvelines | PHILIPPE MILLEREAU / DPPI Media / DPPI

Les feux sont déjà verts pour la Ryder Cup 2018 en France

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Dans un an jour pour jour débutera la 42e Ryder Cup entre les Européens et les Américains sur le Golf National de Saint-Quentin-en-Yvelines. Un évènement qui fera date dans l'histoire du golf en France.

  • Un évènement interplanétaire

Un évènement interplanétaire

Dans un an, un géant de 90 ans mouillera ses petites chaussures sur la rosée de l’Albatros, le Golf National situé à Guyancourt dans les Yvelines. La Ryder Cup, compétition biennale qui oppose les 12 meilleurs golfeurs américains à leurs homologues européens, posera pour la première fois ses caddies en France. Un évènement majeur pour un sport mineur dans l’hexagone. "C'est une compétition à l'importance planétaire, (on) ne mesure pas encore l'impact qu'elle peut avoir", explique Pascal Grizot, président de la Commission Ryder Cup France 2018. Elle est "même devenue incomparable avec les quatre tournois majeurs de la saison". Pour comprendre ce phénomène, quelques chiffres suffisent : 60.000 spectateurs par jours pendant trois jours, un milliard de téléspectateurs répartis dans 185 pays (très souvent sur des chaînes payantes), 2.500 journalistes et une ambiance de feu qui tranche avec les habituels tournois feutrés du circuit. Seuls la Coupe du monde de football et les jeux Olympiques bénéficient d'une exposition supérieure. Le succès de la Ryder Cup tient aussi à sa formule avec des duels en simple ou en double où la victoire est déterminée en fonction du nombre de trous gagnés. Le match-play incite les joueurs à être très agressifs et prendre un maximum de risques.

  • Un parcours bichonné

Un parcours bichonné

Un terrain de jeu, ça se prépare. A Guyancourt, on a mis les petits plats dans les grands avec un parcours aux petits oignons pour le gratin mondial du golf. L’Albatros, son nom, a bénéficié des conseils du jeune « greenkeeper » espagnol Alejandro Reyes pour en faire un parcours d’excellence. Entre amélioration et déplacement de bunkers, il s’est grandement bonifié pour répondre aux standards de la Ryder Cup. Mais c’est surtout la partie invisible qui est intéressante avec près de 3000 tonnes de sable placés sous le manteau vert pour jouer sous toutes les conditions et éviter d’éventuels couteux reports. Désormais, qu’il fasse très sec ou qu’il tombe des cordes, on doit pouvoir jouer les 18 trous en moins de trois heures. Cela a aussi un impact sur le jeu avec des fairways rehaussés de 15 cm et tondu à 7 mm et des greens très rapide « à l’américaine ». Il ne serait pas étonnant que le capitaine européen Paul Armitage demande un léger ralentissement…

  • Un très gros business

Un très gros business

Pour l’économie aussi, les feux sont verts. La Ryder Cup est une énorme manne financière pour les localités avoisinantes et les organisateurs. Une étude du cabinet KPMG concernant l'édition 2014 a estimé que les 63.000 visiteurs étrangers venus pour l'occasion en Ecosse ont dépensé 120 millions d'euros. La Fédération française golf prévoit elle 150 millions d'euros de retombées économiques directes, et 226 millions en indirect pour celle de 2018. La compétition est vitale pour le circuit européen qui en récupère les bénéfices et les investit dans ses propres tournois. L’édition 2018 devrait à elle seule rapporter entre 100 et 120 millions d'euros au Tour européen. Les sponsors se bousculent sur le green et apportent plusieurs dizaine de millions d’euros. Le merchandising est lui aussi florissant avec vêtements, casquettes et autres équipements siglés qui connaissent un grand succès à un an de l'échéance. La veste aux couleurs de l'une des deux équipes est vendue aux alentours de 250 euros, le polo près de 130 euros. Mais c’est la vente des tickets qui est l’objet de toutes les attentions. Environ un billet sur cinq est acheté par une entreprise pour remplir leurs loges d'invités, à un tarif bien plus élevé que pour les licenciés et le grand public pour lequel une place à la journée coûte entre 160 et 200 euros. Les 24.000 premiers billets dédiés aux licenciés sont partis comme des petits pains au point que la FFG a d’ores et déjà prévu de demander un quota supplémentaire. Vu la demande des fans étrangers qui choisissent des forfaits avec hébergement, pas sûr que la fédé obtienne ce surplus de places.

VIDEO : Succès garanti pour la Ryder Cup 2018

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