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Messi marque l'un de ses deux buts face à Arsenal, lors du huitième de finale retour contre Arsenal, le 8 mars 2011 | AFP

Pourquoi Arsenal ne pourra rien face au Barça

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On ne va pas se mentir, ce sera compliqué pour Arsenal, qui affronte le FC Barcelone en huitième de finale aller de la Ligue des Champions. Grand favori, l'ogre catalan et son brillant trio d'attaquants va inévitablement poser de gros problèmes au club londonien.

Arsène Wenger a sans doute esquissé une petite grimace au moment du tirage au sort effectué en décembre dernier. Mais avec son flegme alsacien, il a toutefois pris le défi du bon côté. "C'est un challenge difficile, mais excitant aussi. Nous sommes plus matures maintenant", expliquait-il après avoir pris connaissance de son adversaire. Mais malgré l'esprit un brin revanchard du tacticien français, notamment depuis la finale perdue en 2006 (2-1 après prolongation), tous les signes montrent que le Barça va vraisemblablement sortir vainqueur de cette double confrontation.

Evidemment, on pourrait prendre le contre-pied de tous les observateurs et expliquer qu'un match de football n'est jamais gagné d'avance, que Mesut Özil peut sur un coup de génie faire basculer une rencontre, qu'un Petr Cech dans un grand jour, c'est comme jouer contre un mur, ou encore qu'Alexis Sanchez aura à cœur de rappeler à son ancienne équipe qu'ils ont peut-être eu tort de le laisser partir.

Le Barça a brillé, Arsenal a stagné

Donc, non, en toute objectivité, il n'y a que peu d'espoirs de voir Arsenal franchir le stade des huitièmes de finale. Au cours des dix dernières années, les Gunners ont systématiquement été éliminés par les Blaugrana, que ce soit lors de la finale de 2006, en quarts de finale en 2010, et en huitièmes de finale, l'année suivante… Même si Wenger estime que son équipe a gagné en maturité, le bilan des deux formations est explicite depuis la dernière décennie. Depuis leur finale de 2006, le Barça a remporté trois autres éditions (2009, 2011 et 2015), alors que le club londonien n'a plus fait mieux qu'un quart de finale en 2010. 

Giroud, Özil et Ramsey dubitatifs
Giroud, Özil et Ramsey dubitatifs © AFP

Même s'il est vrai qu'Özil, Sanchez, Cech, et dans une moindre mesure Ramsey, voire Walcott et Giroud sont des joueurs de qualité, que dire des Léo Messi, Luis Suarez, Neymar, Andres Iniesta, ou encore Rafael Alcantara, Daniel Alves, Gerard Piqué, Sergio Busquets… Il y a bien une classe d'écart entre les deux effectifs, d'autant que la mécanique aussi fine que bien huilée du Barça n'a pas d'égal dans le monde. Cette saison, seul le Bayern Munich pourrait perturber le club catalan. Et encore…

Thierry Henry peu confiant pour Arsenal

Même Thierry Henry, véritable dieu-vivant dans le cœur des fans d'Arsenal, a bien du mal à croire que l'équipe anglaise va s'en sortir. "Il faut stopper l’équipe entière, dit Henry dans un entretien accordé au Sun. Pour que cela soit possible, tu dois être dans un grand jour et être très chanceux", résume celui qui a aussi porté les couleurs du club catalan durant trois saisons (de 2007 à 2010). "Il faut accepter l’idée de n’avoir probablement que 30% de la possession et être extrêmement efficace quand on aura la balle. (...) Donc même un 0-0 serait un résultat raisonnable, mais conserver ses cages inviolées face à une équipe qui a dominé le football mondial ces 10 dernières années n’est pas chose aisée", a indiqué l'ancien attaquant.

Il suffit de se pencher sur les résultats en championnat pour s'apercevoir qu'il y a également un écart. Même si la Premier League et la Liga ne sont pas exactement similaires, les performances des clubs en championnat sont révélatrices de leurs qualités. D'un côté, le Barça est leader en Espagne avec une avance confortable de huit points sur son premier poursuivant, l'Atlético. Avec 20 buts encaissés, la défense pourtant critiquée de l'équipe de Luis Enrique est la 3e de Liga. Mais le club aux 23 titres nationaux se démarque surtout sur le plan offensif, avec pas moins de 67 buts inscrits en 25 matches (soit 2,68 buts de moyenne), ce qui est cependant moins que le ratio du Real Madrid (71 buts, soit 2,84 buts par match). 

Lionel Messi hurle de joie après l'ouverture du score contre Arsenal en 2011
Lionel Messi hurle de joie après l'ouverture du score contre Arsenal en 2011 © AFP - PIERRE-PHILIPPE MARCOU

De l'autre, Arsenal lutte en troisième position de la Premier League, avec une différence de buts bien plus classique, à savoir 41 buts inscrits et 23 encaissés en 26 rencontres, soit tout de même la troisième meilleure défense Outre-Manche. Les supporteurs des Gunners devront donc prier longuement pour espérer voir leur équipe réaliser le même exploit qu'en février 2011, lorsque les Rouge et Blanc l'avaient emporté 2-1 à l'aller à l'Emirates Stadium. Les mauvaises langues leur rappelleront évidemment que deux semaines plus tard, un doublé de Messi et un but de Xavi (succès 3-1) avaient remis les pendules à l'heure.

Romain Bonte