Giroud - Montpellier - Toulouse
Olivier Giroud au milieu de la défense toulousaine | AFP - PASCAL GUYOT

La Ligue 1 passée au crible

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Les cinq premiers mois de la compétition ont livré un premier verdict sur la saison 2011-2012: le PSG mène la danse sans séduire, Montpellier surprend agréablement, Lille confirme, Marseille a pris du retard et Sochaux déchante. Côté joueurs, si Giroud, NKoulou, Barbosa ou Zebina assurent, ce n'est pas le cas de Lucho, Martin, Gourcuff ou Gignac. Petit tour d'horizon d'une Ligue 1 où le suspense demeure à tous les étages.

Le PSG devant la meute: Paris-Saint-Germain, qui rêve d'un troisième sacre 18 ans après, mène la danse à la mi-championnat. Salvatore Sirigu (souvent décisif) a –bien- pris la place prévue pour Nicolas Douchez. L'attaque tourne bien mais Javier Pastore, trop intermittent et qui semble regretter l'Italie, ne donne pas sa pleine mesure. Et Diego Lugano reste très loin de sa réputation. Leonardo, qui vient de virer Kombouaré sans ménagement, joue très gros en 2012. Bref, on attendra la mi-mai avant de se prononcer.

Giroud tire Montpellier vers le haut. Bien aidé par un Belhanda souvent étincelant et par un collectif rodé qui prouve qu'il sait jouer au foot, Olivier Giroud régale le public languedocien de son talent et de son efficacité. Ancien meilleur buteur de Tours, Giroud pointe en tête du classement des meilleurs buteurs avec 13 réalisations en 19 matches. Un joli total que le néo-international espère faire fructifier dans les six mois à venir.

Le Losc toujours redoutable: Lille reste sur 17 matches sans défaite depuis son revers contre Montpellier (0-1, 2e journée) le 14 août. De quoi envisager de conserver son titre de champion de France conquis la saison passée. Reste que les Dogues ont lâché trop de points en route avec leurs matches nuls à la pelle (9 pour seulement 9 victoires). Cole et Pedretti font de leur mieux mais Gervinho et Cabaye manquent encore. Et Moussa Sow n'est plus aussi efficace.

Marseille sur de bons rails: Gignac trop gros, Lucho pas assez décisif, Diarra qui peine à retrouver son niveau bordelais, sans oublier la relation compliquée entre Didier Deschamps et José Anigo: les supporters olympiens, très mécontents du jeu pratiqué, ont décidé que ça en faisait beaucoup pour leur "ohème". Et puis un large succès contre le PSG est arrivé (3-0) et tout s'est décanté. Au point que l'OM, relégable en septembre, postule aujourd'hui au podium.

L'expérience paye toujours: deux exemples avec Cédric Barbosa (Evian-TG), le joueur le plus régulier du championnat, premier aux étoiles France Football, et Jonathan Zebina, le taulier qui rassure le Stade Brestois par sa maîtrise et son leadership. Les deux hommes ne seront pas de trop pour aider leurs équipes respectives dans l'opération maintien.

Les jeunes poussent: Nicolas Nkoulou, pilier de la défense marseillaise malgré son jeune âge (21 ans), et Benjamin Corgnet (24 ans), qui porté Dijon sur la lancée de sa belle saison de Ligue 2, incarnent la belle jeunesse du championnat de France. Ils ne visent pas la même chose cette saison mais leurs performances incitent déjà les recruteurs étrangers à les inscrire sur leurs petits papiers.

Sinama-Pongolle reverdit: Florent Sinama-Pongolle a boosté les Verts. Avec son acolyte – l'international gabonais Pierre-Emerick Aubameyang, l'ancien grand espoir su football français revit après quelques années délicates. Il se rappelle au bon souvenir des supporters français qui préfèrent le voir fouler la pelouse de Geoffroy-Guichard plutôt que les terrains espagnols.

Lyon Garde le cap: Rémi Garde redonne un style offensif à l'OL après les tristes années Claude Puel. Malgré Yohann Gourcuff, qui n'est plus que l'ombre du grand joueur qu'il a été et qui semble attendre un transfert pour relancer sa carrière, le Gone a su inculquer un esprit offensif à ses ouailles qui s'éclatent sur le près nonobstant les défaites. L'OL encaisse encore trop de buts mais Gerland a de l'indulgence pour son "Rémi" qui garde la boutique. En espérant un titre en fin de saison.

Les Bretons résistent à l'envahisseur: la Bretagne n'est pas facile à prendre. Brest et Rennes sont invaincus à domicile, et Lorient n'a perdu qu'une fois dans son Moustoir chéri. C'était face à Lyon et contre le cours du jeu. La deuxième partie de saison sera-t-elle du même acabit pour les représentants du drapeau Gwen ha Du ?

Sochaux plonge. Le club doubien, qui n'a pas digéré le départ de Francis Gillot à l'intersaison, va de plus en plus mal au fil des journées. Marvin Martin, très décevant, ne parvient plus à délivrer de caviars, et les affaires Kevin Anin et Modibo Maïga (qui se rapprochent chaque jour d'un départ) n'ont rien arrangé. Ca sent le printemps difficile.

Des stats pas très bonnes: certaines statistiques ne plaident pas en faveur des équipes du bas de tableau. Deux exemples: Nice joue dur (6 cartons rouges en 19 matches, une bonne moyenne –plus de un tous les trois matches, série en cours) tandis que Ajaccio a effectué la pire série (12 matches sans victoire avant les deux ultimes journées avant la trêve, un automne vraiment pourri).

Les entraîneurs menacés mais (presque) pas virés. Cette statistique relève deux exceptions. Antoine Kombouaré et Eric Roy –qui a volontairement laissé sa place à René Marsiglia pour devenir directeur sportif. Mais Bernard Casoni, Didier Deschamps, Jean Fernandez, Olivier Pantaloni et Daniel Sanchez ont tous eu chaud à un moment donné. Et pour certains, ce n'est sans doute pas terminé.