Gerard Piqué Espagne
Gerard Piqué à l'entraînement avec ses coéquipiers espagnols | GENT SHKULLAKU / AFP

Piqué au vif

Publié le , modifié le

Pour le compte de la 8e journée de Liga, le FC Barcelone se déplace pour affronter l'Atletico Madrid samedi (20 h 45) dans un contexte tendu à la suite du référendum d'autodétermination de la Catalogne le 1er octobre. Au milieu, Gerard Piqué, fervent défenseur d'un scrutin, a vécu une semaine compliquée, entre soutien des supporters Blaugrana et hostilité des supporters espagnols lors du dernier match de qualification contre l'Albanie mardi.

Gerard Piqué est un joueur clivant. Premièrement, car il a toujours joué au FC Barcelone. Détesté par les fans du Real Madrid, il est même devenu le joueur que les supporters Merengue adorent détester. Mais depuis dimanche, il est devenu autant adulé par les Catalans qu'honni par les autres supporters d'Espagne. La raison : son discours en faveur du vote pour l'autodétermination de la Catalogne, dimanche 1er octobre.

Ennemi public des supporters espagnols

Le déplacement du Barça à Madrid samedi pour affronter l'Atletico aura donc un double enjeu pour Gerard Piqué. Le premier, sportif, sera évidemment d'aller chercher une 13e victoire sur les 15 derniers matchs face aux Colchoneros. Le second, plus personnel et politique, sera de jauger l'accueil qui lui sera réservé par les supporters de l'Estadio Metropolitano.

En larmes dimanche, jour du référendum, Piqué avait annoncé son soutien à la tenue du scrutin, indiquant qu'il quitterait la sélection si on le lui demandait. Le lendemain, le défenseur catalan avait été hué lors d'un entraînement avec la sélection, obligeant le staff à l'interrompre, avant d'être conspué vendredi dernier par les supporters de la Roja lors de la victoire contre l'Albanie qualificative pour le Mondial 2018 (3-0).

Dans l'oeil du cyclone, Piqué avait souhaité rassurer sur son attachement à son pays. "Je suis très fier de faire partie de l'équipe d'Espagne. C'est impossible de mettre en doute mon engagement, je suis là depuis mes 15 ans, c'est une famille pour moi."

Un choc sous tension

Samedi, Gérard Piqué devrait subir les foudres d'un public réputé bouillant, sommé de porter les couleurs "rojiblancas" (rouge et blanc) du club, et non les couleurs de l'Espagne. Mais il ne sera pas le seul. Le FC Barcelone, favorable au "droit à décider" et partisan historique d'un référendum pour l'indépendance, a écorné son image auprès des supporters espagnols.

Le défenseur pourra néanmoins compter sur le soutien d'Andres Iniesta, rétabli après une élongation, et du sauveur de la patrie argentine Lionel Messi, auteur d'un triplé contre le Vénézuela mardi pour qualifier une Argentine au bord du gouffre. Invaincu en sept journées, le Barca va subir son premier gros choc de l'année en championnat face au 4e de la Liga. Une victoire pourra-t-elle éteindre l'incendie allumé dans les urnes catalanes ?

Théo Gicquel