France Gallas William cri 102009
France Gallas William cri 102009 | AFP-Fife

Gallas répond à Domenech

Publié le , modifié le

"On n'est pas des gamins immatures". La réponse d'un des joueurs présents au Mondial, en l'occurrence William Gallas, n'a pas tardé après la sortie accusatrice de Raymond Domenech, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France, qui avait traité les Bleus de "bande de sales gosses inconscients" pour leur grève à Knysna. Domenech voulait à nouveau exister médiatiquement. C'est fait. Il est au centre des critiques et d'une nouvelle polémique.

"Avec le recul, je les vois surtout comme une bande de sales gosses inconscients", a ainsi expliqué l'ancien sélectionneur national au sujet des joueurs grévistes de l'équipe de France dans un long entretien paru mercredi dans l'hebdomadaire l'Express. "Je ne répondrai pas à ses critiques. je dirai simplement qu'avant de parler il faudrait qu'il se regarde un peu, c'est tout. C'est trop facile de juger les joueurs, vu l'encadrement qu'il y avait, je peux vous dire que c'était très difficile pour nous, voilà ce que je peux dire." Les mots de Gallas sont clairs et redistribuent les responsabilités. C'est bien Domenech qui était le manager du groupe France. C'est bien Domenech qui a choisi les hommes. C'est encore Domenech par son absence de management qui est (en partie) l'ordonnateur de l'ambiance au sein de l'équipe de France qui a accouché de ce fiasco collectif. "On nous a jugés trop facilement, a ajouté Gallas, on a reposé la faute sur tous les joueurs, c'est vrai que c'est nous qui avons pris la décision de faire grève, mais pourquoi? Posez vous les bonnes questions! Pourquoi on a fait grève? Moi je n'ai pas à répondre, ce que je peux dire c'est qu'on n'est pas des gamins immatures, loin de là."

"On a reposé la faute sur tous les joueurs, c'est vrai que c'est nous qui avons pris la décision de faire grève, mais pourquoi? Posez vous les bonnes questions!" Gallas

Gallas reconnait aussi que les Bleus ne se sont pas rendu compte que leur comportement en en Afrique du Sud était dommageable pour l'image de l'équipe de France. "Sur le coup non. On ne pensait pas que ça allait aussi loin." C'est peut-être le problème de cette équipe de France. Joueurs, sélectionneur, Fédération, les acteurs du fiasco n'ont jamais vraiment réfléchi sur la portée de leurs actes. La définition même de l'irresponsabilité. Dans cette affaire que l'on pensait (avec un certain soulagement) enterrée, les parties se renvoient désormais les fautes comme dans un vieux couple divorcé. La fiasco du mondial est la fruit de plusieurs faits. Domenech n'a jamais été aussi illégitime au moment d'aborder la compétition en raison de ses choix sportifs, tactiques et techniques, voire surtout en l'absence de choix. La Fédération a brillé par son incompétence face à une crise. Les joueurs, meneurs ou pas, ont réagi sans vraiment comprendre ce qu'ils faisaient. Sincères? Certainement. Mal conseillés? probablement. Responsables? Un peu moins peut-être. La responsabilité des actes commis en Afrique du Sud n'a jamais aussi bien été partagée. 

A l'inverse de Nicolas Anelka (18 matches de suspension), Patrice Evra (5 matches), Franck Ribéry (3 matches) et Jérémy Toulalan (1 match), Gallas n'a pas été impliqué directement dans la grève de Knysna. Mais le défenseur international n'a pas dit s'il espérait revenir en équipe de France. "J'ai répondu un peu à cette question il y a quelques mois. Pour moi le plus important c'était de retrouver du plaisir sur un terrain, de montrer que j'ai encore mes jambes, parce que beaucoup de personnes ont parlé dans mon dos. La seule façon de leur répondre, c'est d'être bon à chaque match". Auteur d'une rencontre très intéressante et solide dans l'axe... droit de la défense, un poste qu'il n'a plus occupé depuis ses 20 ans de l'aveu du joueur, lors de la victoire de Tottenham à Milan (0-1), l'ancien capitaine des Bleus vit une forme de résurrection. "En effet, je ne suis pas fini, c'est ça le plus important pour moi, de répondre aux critiques. On m'a beaucoup jugé mais c'est le football qui veut ça. Un jour on vous met tout en haut et le jour d'après on casse du sucre sur votre dos, mais personnellement ça ne me dérange pas. Ça me permet de montrer qui je suis et de le montrer de la meilleure des façons."

Pour Bixente Lizarazu, Domenech est un "manipulateur". "J'ai passé mon temps à parler foot avec lui sans jamais obtenir des réponses, a-t-il réagi sur RTL." Dans cette interview, il n'y a pas du tout de choses sur le foot. J'aurais été intéressé, par exemple, sur son avis sur Anelka et son rôle sur le terrain. Le fond du problème, c'est que c'est un manipulateur et qu'à un moment, quand tu passes ton temps à manipuler, ça se retourne contre toi et ton discours n'est plus crédible."

Mathieu Baratas