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Liverpool-Chelsea : Gerrard, l’histoire d’une glissade

Steven Gerrard (Liverpool FC) un genou à terre

Steven Gerrard (Liverpool FC) un genou à terre | EPA/MAXPPP

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Publié le 08/11/2014 | 07:00, mis à jour le 08/11/2014 | 10:47

Le 27 avril dernier, Steven Gerrard glissait et voyait Demba Ba filer au but en même temps que ses rêves de titre. Quelques semaines plus tard, Manchester City devenait champion d’Angleterre avec deux points d’avance sur les Reds. Sept mois ont passé et cette glissade, désormais légendaire, a laissé plus de traces qu’il n’y parait à Liverpool.

Il y a avait quelque chose de déchirant à voir Steven Gerrard au sol regardant Demba Ba s’en allant tromper Simon Mignolet. On sent dans le regard du capitaine historique de Liverpool qu’il a compris : il vient de laisser passer sa chance. Il ne sera jamais Champion d’Angleterre. La défaite face à Chelsea coupe l’élan d’une équipe lancée comme une balle vers son premier titre depuis 1990. Si Steven Gerrard pensait que cette glissade marquait la fin de quelque chose, il se peut qu’elle soit plutôt le début d’une autre : le déclin irrémédiable de son Liverpool.

Un été raté​

Après la perte du titre, Liverpool a passé un été mouvementé. Le départ annoncé de Luis Suarez s’est conclu à Barcelone contre 81 millions d’euros. En échange, Rodgers et son staff ont fait venir Adam Lallana (Southampton pour 31 M), Alberto Moreno (FC Séville pour 12 M), Dejan Lovren (Southampton pour 30M), Lazar Markovic (Benfica pour 25 M), Ricky Lambert (Southampton pour 5,5 M) et surtout Mario Balotelli, l’enfant terrible du football européen (Milan AC pour 20 M). Un recrutement tout feu tout flamme dont le but évident était de renforcer plusieurs postes de l’équipe en contrepartie du départ de Suarez. L’idée était intéressante mais elle fait un flop. Après 10 journées de Premier League, les Reds sont 7e avec déjà quatre défaites au compteur et 12 points de débours sur le leader  Chelsea.

C’est dire si Liverpool a raté un virage. Sur la foi d’un recrutement intelligent et d’un manager excellent et pointilleux, Brendan Rodgers, le club de la Mersey était proche de retrouver son lustre d’antan. Le recrutement de l’été dernier est symptomatique d’une chose : Liverpool n’est plus attractif. Aussi intelligent que soient les recrutements de Suarez, de Sterling ou de Sturridge, aucun de ces joueurs n’étaient des stars du football européen au moment de l’arrivée dans le nord de l’Angleterre.

Gerrard veut laver l’affront​

Un titre de Champion d’Angleterre aurait de facto relancé accru l’intérêt des joueurs pour ce club mythique. Tout s’est joué (en exagérant un peu) en une fraction de seconde. Une passe latérale de Mamadou Sakho, une glissade de Steven Gerrard, une course et un but de Demba Ba et l’avenir de Liverpool est devenu tout à coup plus flou. Coéquipier de Gerrard au moment des faits, Luis Suarez est revenu sur l’incident : « "Si j'avais été à la place de Stevie, je ne sais pas si j'aurais pu continuer à jouer," a confié l'Uruguayen au journal britannique The Guardian. Non content de remuer le couteau dans la plaie, pressé qu’il était par les journalistes, l’Uruguayen en a remis une couche : « On disait que lui, le leader de Liverpool, allait permettre à son club de gagner un premier titre depuis 20 ans en Premier League, en plus pour le 25e anniversaire de la catastrophe de Hillsborough, dans lequel son cousin était mort. Le capitaine, l'homme d'un seul club, ce Scouser né ici... et il a été le malchanceux à faire une erreur cruciale.

On a fait mieux comme message de soutien à la veille des retrouvailles avec le Chelsea de Mourinho. Cette machine incroyable qui mène grand train en tête de la Premier League. Ce samedi à 13h45, Steven Gerrard aura l’occasion de laver l’affront. Pas de faire oublier ce triste jour. Juste de relever la tête. En bon capitaine. En bon Scouser.

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