Espinasse Dakar 2016
Sylvain Espinasse et sa 125cc | DR

Avec sa 125cc, Sylvain Espinasse carbure au défi

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Ce n’est que son troisième Dakar mais Sylvain Espinasse n’est jamais là où on l’attend. Après des débuts comme officiel Sherco et un passage chez les malles moto, l’Auvergnat continue ses aventures sud-américaines sur une 125 cm3. Un défi étonnant mais pas si irréfléchi.

Le réservoir est gradué. Les bouteilles d’huile prêtes à l’emploi. Sylvain Espinasse est déjà paré pour la deuxième étape du Dakar. Depuis deux jours, les médias le couvent des yeux, lui et sa Husqvarna 125 cc. Le motard présente un parcours atypique et défend un projet original. Le troisième différent en trois Dakar. « Suite à un concours de circonstance, mon premier Dakar a été fait chez Sherco avec des professionnels. Je découvrais le rallye et ça s’est super bien passé jusqu’au bout, raconte-t-il. Le deuxième, je l’ai fait à l’inverse des pros chez les malles moto (en amateur sans assistance, ndlr) qui est une expérience extraordinaire. Je me suis dit que pour le troisième, il fallait autre chose. » Ce projet, c’est une moto 125 cm3 deux temps quand tous les autres concurrents disposent d’une 450 quatre temps. « Je ne voulais pas prendre trop de risque car ça roule très vite et je n’avais pas le niveau pour faire un classement remarquable alors je me suis penché sur la 125 cc, explique l’Auvergnat. C’est un défi mécanique et un vrai projet d’équipe avec un ami. Il y a eu toute une réflexion toute l’année, pas juste une moto achetée dans le commerce, et c’est aussi ça qui me plaisait. »

Validé par Etienne Lavigne

Pour rouler avec une 125 cc, il a déjà fallu convaincre les organisateurs de bien vouloir l’engager, ou plutôt ne pas leur donner une raison de refuser son admission. « J’ai demandé à Etienne Lavigne son autorisation pour m’engager, reconnaît-il. ASO ne voulait plus de projet atypique par crainte d’un accident. Je suis allé présenter le sérieux de mon projet en avril bien que la réglementation ne l’interdit pas. Je l’ai convaincu et il m’a donné son aval. » Restait à régler de nombreux détails comme le mélange nécessaire à chaque ravitaillement. Au bivouac, ça va mais en course, c’est une autre affaire. « Je transporte mon huile, détaille Espinasse. 1,5 à 2 litres par jour. Il a d’abord fallu savoir comme la transporter. J’ai une veste spéciale avec des fourreaux et j’y mets des petits jerricans de 500 ml. » Au début, avec son préparateur moto RS Concept, ils avaient même pensé à les mettre dans la fourche. Essai vite abandonné pour la veste bidon.

Vivement les dunes

Le résultat est assez saisissant. Au niveau du bruit qui fait se retourner de nombreux spectateurs comme en performance. « Il ne faut pas croire, ça roule assez bien, assure-t-il. Je suis juste volontairement limité à 100 km/h en liaison pour ménager la monture. Après la moto est performante. » Son potentiel s’exprimerait idéalement dans les dunes grâce à sa grande maniabilité. « J’aimerai bien qu’il y en ai plus pour montrer que la 125 cc peut passer aussi bien voire mieux que les autres motos », regrette-t-il. » En attendant le sable, Espinasse ronge son frein. Il lui tarde que la course commence vraiment. « Pour l’instant on est sur la réserve mais on comprend l’organisation qui ne veut prendre aucun risque. Et puis quand on voit la hauteur des rios, faut pas aller jouer. » Quand à 2017, c’est encore loin. « Beaucoup me disent que je finirai par faire le Dakar en mobylette, rigole-t-il. Ce projet-ci, je veux le savourer. La suite on verra. »

Vidéo : Sylvain Espinasse en 125cc et alors ?