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Une échappée fiscale dans le peloton

Tom Boonen (à gauche) et Philippe Gilbert (à droite)

Tom Boonen (à gauche) et Philippe Gilbert (à droite) | YUZURU SUNADA / BELGA MAG / BELGA/AFP

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Publié le 29/06/2017 | 16:00

Un système d’évasion fiscale concernant le cyclisme professionnel a été dévoilé par une enquête publiée ce jeudi par Mediapart. Selon le site d’information, des coureurs auraient fait appel à des sociétés basées au Luxembourg, en Suisse et à Chypre.

Le monde du vélo a malheureusement pris l’habitude de voir des scandales éclater au grand jour, souvent peu de temps avant le Tour de France. Mais cette fois, il ne s’agit pas de dopage physique, mais de dopage fiscal, ou plus précisément "d'optimisation fiscale". « Discrète mais répandue » selon les propres termes utilisés par Mediapart, la pratique concerne donc des coureurs professionnels. Ces derniers se voient rémunérés leurs droits à l’image par le biais de sociétés basées dans des paradis fiscaux, afin de réduire leurs impôts. Ce système permettait en outre aux équipes de réduire leurs cotisations sociales. Parmi les coureurs concernés, on retrouve des champions tels qu’Ivan Basso, Philippe Gilbert, Janez Brajkovic, mais aussi Tom Boonen ou Stijn Devolder qui ont pour leur part régularisé leur situation.

Interrogé par Mediapart, l’ex-coureur devenu aujourd’hui Directeur sportif chez Trek-Segafredo, Alain Gallopin, explique un peu plus en détails une opération assurant que « tout était déclaré au fisc ». C’est en 2008, lorsqu’il rejoint l’équipe d’Astana, qu’on lui propose pour la première fois une telle opération. « À l'époque, c'est l'équipe qui me propose de faire ce montage », indique Gallopin. Celui-ci précise avoir touché « l'équivalent de 30 % de (son) salaire en droits à l'image au Luxembourg ». Visiblement déçu par l’expérience, Gallopin conclut que « ce sont surtout les cabinets qui s’occupent de tout ça qui en profitent ».

Et l'affaire Festina resurgit

Toujours selon l’enquête menée par Mediapart, l’équipe Festina -qui se trouve au cœur du scandale du dopage en 1998- est particulièrement concernée par ce système. L’équipe était ainsi domiciliée en Andorre, et les coureurs qui percevaient un salaire dans leur pays respectif, recevaient en plus des primes et droits à l’image par la Principauté. L'ex-directeur sportif de Festina, Bruno Roussel avait d’ailleurs admis en 1998 que ce système avait permis d’acheter en toute discrétion des produits interdits.

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