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La presse allemande célèbre Götze "Dieu du football"

Mario Götze

Mario Götze | 13/07/2014/MEXSPORT/OMAR MARTINEZ

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Publié le 14/07/2014 | 08:19, mis à jour le 14/07/2014 | 10:06

"1:0 Champions du monde!", titre ce lundi le quotidien allemand Bild sur une photo pleine page du buteur Mario Götze, "Super Mario" célébré en héros par les médias après le quatrième sacre mondial remporté dimanche par la Nationalmannschaft. "Vous êtes les plus grands", clamait le quotidien le plus lu d'Europe sur une photo de toute l'équipe s'étalant en double page intérieure d'une édition presque intégralement consacrée à cette "partie héroïque", publicités comprises. "Götz soit loué", osait Bild en jouant sur la proximité phonique entre le nom de l'auteur du but de la victoire et Gott (dieu en allemand.

"Merci, Jogi (Löw)! Merci les garçons! Vous nous avez rendus infiniment  heureux". Presque sobrement, le quotidien berlinois Tagesspiegel avait mis en Une le  trophée tant convoité, le tabloïd Berliner Zeitung titrait "Champions du  monde", et Die Welt clamait "C'est vrai" en utilisant les couleurs nationales  noir-rouge-or que des millions d'Allemands ont agité jusque tard dans la nuit  dans tout le pays. "1954. 1974. 1990. 2014! L'Allemagne est championne du monde", s'exclamait  le site web du Spiegel

"Nous nous inclinons devant l'entraîneur Jogi Löw. Ce titre est son chef  d'oeuvre. Concentré, il conduit l'équipe à travers le tournoi. Il reste  tranquille après les grandes victoires. Il garde son calme après les matches  difficiles", jugeait Bild. "Götze, le libérateur", titrait l'édition en ligne du Frankfurter  allgemeine Zeitung. "Alors pour la première fois, une équipe européenne a  remporté un tournoi mondial en Amérique du sud (...) Sur l'ensemble du tournoi,  le titre de l'Allemagne est largement mérité". 

"Mûrs pour le titre"

"En 2006 et 2010, l'équipe était arrivée tout près du but, mais avait  échoué en demi-finale. En 2014, l'équipe et son entraîneur étaient mûrs pour le  titre", a commenté la FAZ, saluant "peut-être la meilleure génération (de  joueurs) de l'histoire du football allemand". "Champion du monde! L'équipe nationale allemande a tenu sa promesse. Les  concerts de klaxon et défilés de voitures qui ont commencé dimanche soir vont  encore monter en puissance jusqu'à la réception de l'équipe à Berlin mardi",  estimait le quotidien régional Neue Osnabrücker Zeitung. "Ceux qui voudront pourront toujours déplorer un état d'exception  inadmissible, mais ils ne peuvent rien contre la force d'aspiration d'un grand  événement footballistique", poursuivait le journal. "Guerre en Israël? Guerre  en Ukraine? Affaire d'espionnage? Pour beaucoup, tout cela n'a aucune  importance (...) Pour la plupart des gens, le football est un stimulant  émotionnel loin du quotidien rationnel".

Le Frankfurter Rundschau,qui avait bouclé trop tôt pour imprimer le  résultat, se livrait en ligne à un commentaire sentencieux sur la différence  entre sport et politique: "lorsqu'on en reviendra à la routine quotidienne,  nous (l'Allemagne, ndlr) devrions réfléchir au fait que le plus fort ne gagne  pas toujours, s'il laisse tomber les plus faibles et n'a plus personne avec qui  jouer". "Que la politique nous intéresse ou pas: ce n'est pas ainsi que l'Allemagne  est victorieuse sur le long terme", concluait le quotidien. 

Le journal régional Kölner Stadt-Anzeiger filait lui aussi la métaphore  politico-sportive. "Si le concept de +nation building+ (en anglais dans le  texte) n'était pas aussi lié à la construction des nations dans un contexte  post-colonial,(...) on pourrait dire que l'Allemagne est en plein dans un tel  processus. Les crispations du passé se sont enfin détendues, et pourtant cela  ne débouche pas sur un nouveau nationalisme mais plus d'ouverture sur le monde".

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