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L’Allemagne, une constellation de talents faite pour régner

L'équipe d'Allemagne championne du monde 2014

L'équipe d'Allemagne championne du monde 2014 | ALEXANDER VILF / RIA NOVOSTI

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Publié le 14/07/2014 | 10:18, mis à jour le 14/07/2014 | 10:27

Aucune équipe au monde ne possède actuellement une flopée de joueurs créatifs comme la Mannschaft. Cette génération spontanée, symbolisée par le buteur décisif Mario Götze, semble potentiellement plus forte que celle des seventies, représentée par Franz Beckenbauer. Elle peut sans aucun doute marquer l’histoire.

Après l’invincible armada espagnole des années 2008-2012, le sacre mondial de l’Allemagne pourrait laisser à son tour une empreinte indélébile dans l'histoire du football. Souvent placée mais jamais gagnante, voilà comment se définissait cette nouvelle Allemagne, collective et offensive, ces dernières saisons.

Une équipe très technique

Privée de titres majeurs par la faute de ses deux bêtes noires latines, l’Italie et l’Espagne, la sélection dirigée par Joachim Löw enthousiasmait souvent les foules mais butait sur plus fort, mieux organisé et plus malin. Le staff technique a corrigé le tir pour ce Mondial brésilien, faisant de cette équipe d’Allemagne un caméléon capable de punir les formations les plus faibles derrière (4-0 contre le Portugal, 7-1 face au Brésil) comme de patienter si nécessaire pour porter l’estocade devant des adversaires plus difficiles à manœuvrer (2-1 ap contre l’Algérie en 8e, 1-0 ap devant l’Argentine lors d’une finale crispante).

L’expérience des tauliers (Lahm, Klose, Schweinsteiger) a permis l’éclosion de la génération Götze, incarnée par des talents comme Neuer, Hummels, Khedira, Ozil, Müller, Kroos ou Schürrle, sans oublier le prodige Julian Draxler, qui n’a joué que 14 minutes au Brésil, ou les deux grands absents de ce rendez-vous sud-américain, Ilkay Gündogan et surtout Marco Reus, sans conteste le meilleur joueur allemand depuis trois ans. Que des grands techniciens !

Objectif ? Dépasser la génération Beckenbauer

Ce groupe semble (au moins) aussi fort que la génération Beckenbauer, celle des années 70, qui avait mis l’Europe (1972) puis le monde (1974) à ses pieds. Les stars de l’époque s’appelaient Sepp Maier, Paul Breitner, Uli Hoeness, Gerd Müller ou encore Günter Netzer. La RFA avait alors manqué un fameux triplé en s’inclinant aux tirs au but contre la Tchécoslovaquie lors de la finale de l’Euro 1976.

La jeunesse dorée du football allemand peut-elle rejoindre voire dépasser sa devancière en enchaînant les grands succès dans les années à venir ? Il n’y a aucune raison de penser que non. La Mannschaft arrivera avec le statut de favori dans deux ans en France d’autant que trois des ténors continentaux viennent de se faire éliminer au premier tour du Mondial (Espagne, Angleterre, Italie).Les Pays-Bas et la France seront sûrement des rivaux valeureux pour cet Euro 2016, mais l’Allemagne visera clairement une quatrième couronne européenne. Histoire de confirmer encore une fois le célèbre adage de Gary Lineker*.

*L’ancien attaquant de l’équipe d’Angleterre avait déclaré après la demi-finale du Mondial 1990, perdue aux tirs au but contre la RFA : « Le football est un jeu simple : 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et, à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent ».

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