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Brésil: La Seleçao aura déçu malgré Neymar

Le banc du Brésil, avec Neymar et Fred, désabusé lors de la petite finale.

Le banc du Brésil, avec Neymar et Fred, désabusé lors de la petite finale. | FABRICE COFFRINI / AFP

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Publié le 14/07/2014 | 07:47, mis à jour le 17/11/2014 | 14:48

Passé à côté de "sa" Coupe du monde, le Brésil s'est contenté d'une quatrième place très loin de ses espérances. Pis, elle a été humiliée devant son public et aux yeux du monde à deux reprises, contre l'Allemagne (7-1) en demies et face aux Pays-Bas (3-0) à l'occasion de la petite finale. Le bilan se veut plutôt alarmiste, même si Neymar a essayé de relever le niveau.

Au Brésil, avec cette Coupe du monde, on s’attendait à vivre une grande fête. Avec un sacre attendu et espéré par plusieurs millions de Brésiliens. Le rêve de broder une sixième étoile sur le maillot de la Seleçao a malheureusement tourné court. La faute principalement à un final catastrophique, avec comme l'indiquait la presse une "humiliation historique" face à l'Allemagne (7-1) en demies et un "revers mémorable" lors de la petite finale contre les Pays-Bas (3-0). Résultat : le Brésil, qui n'avait jamais perdu deux fois d'affilée à domicile dans son histoire, n'est même pas monté sur le podium de "sa" Coupe du monde. Prévisible.

Ultra-dépendante de Neymar

Soutenue au début de l'épreuve par des supporters bienveillants, la Seleçao n'a jamais réussi à enthousiasmer, et encore moins enflammer son public. Neymar a trop longtemps caché les lacunes de son équipe. Et ce, dès le match d'ouverture contre la Croatie (3-1) lors duquel il s'est fendu d'un doublé alors que le Brésil était mené au score. Face au Mexique (0-0), cette "Neymar-dépendance" s'est révélé encore plus que jamais, Fred étant incapable de le suppléer, avant de se confirmer face une formation du Cameroun (4-1) déjà éliminée. Et quand bien même il n'a pas été décisif en phase à élimination directe, sa présence a suffi au Brésil. De fait, son forfait pour la fin de la compétition après sa blessure contractée contre la Colombie en quarts (2-1) a pesé. Trop pour une équipe qui ne voyait que par pour lui.

Campé sur ses positions, le sélectionneur Luiz Felipe Scolari a veillé à respecter sa ligne de conduite du premier au dernier jour de compétition. Il a payé le trop plein de confiance accordée à certains joueurs, dont Fred, Jo, Oscar, Marcelo qui ont déçu tout au long de l'épreuve. "Qui est responsable ? Qui est responsable quand l'équipe se présente sur le terrain ? Qui est entraîneur ? Qui est responsable des choix ? C'est moi", déclarait Felipao après la demie. Force est de reconnaître qu'il a tiré des leçons de cet échec, avec un Brésil new look contre les Pays-Bas, mais c'était déjà trop tard. Un ressort s'est cassé bien avant ça.

Absence de caractère et défense défaillante

Sans un véritable leader sur et dehors du terrain, Thiago Silva se défaussant petit à petit de ses responsabilités, ce Brésil a manqué cruellement de caractère. Peut-être ce qui faisait la force des hommes de Luiz Felipe Scolari dans le passé. Pris "par surprise" face à la Nationalmannschaft, avec cinq buts encaissés dans la première demi-heure, les Brésiliens ont commis exactement les mêmes erreurs lors de la petite finale en concédant deux buts dans le premier quart d'heure. 9 buts sur 14 au total. 14 justement, ce chiffre confirme à lui seul les manques de la Seleçao. Jamais un pays hôte n'a jamais pris autant de buts dans une Coupe du monde. Une statistique qui la "fout" encore plus mal quand il s'agit du quintuple champion du monde.

Alors une question se pose : a-t-on vu lors de cette Coupe du monde le pire Brésil de l'histoire ? Il est difficile d'y répondre. Oui sans doute, en termes de jeu. Non probablement pas, en termes de résultats. Car, si cette formation n'a emballé personne, Felipao est parvenu à accrocher le dernier carré pour la première fois depuis 2002, après les échecs de 2006 et 2010. Mais cela peu de Brésiliens y prêtent attention, eux qui veulent vite oublier ce Mondial. Et surtout faire le ménage autour et au sein même de la Seleçao pour ne plus jamais revivre ça. Plus jamais.

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