Bosse Mayer Diniz
Bosse - Mayer - Diniz, les trois champions du monde de la délégation française. | AFP

Mondiaux 2017 : des Bleus en or

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Au début des Mondiaux, on parlait d’une équipe de France décimée. Entre les nombreux forfaits sur blessures, les préparations chaotiques de certains potentiels à médaille, et les saisons compliquées des autres, on pouvait s’attendre à ce que cette semaine à Londres soit un flop total, un an après des Jeux historiques. Avec cinq médailles dont trois titres mondial, le bilan est plus que satisfaisant : il est magnifique. Retour sur la riche semaine des Bleus.

Il est difficile de ne garder qu’une image de l’équipe de France sur ces Mondiaux. Les larmes de Kévin Mayer sur le podium, après qu’il ait aisément remporté le décathlon, en battant trois de ses records personnels. Le graal de Yohann Diniz, qui a enfin remporté le titre qu’il attendait tant, et pour lequel il est passé par tant de souffrance… Ou encore ces derniers 300m de folie de Pierre-Ambroise Bosse, que personne n’a su rattraper. La France ressort de ces Mondiaux avec trois titres, ce qui n’était pas arrivé depuis 2003, avec les sacres d’Eunice Barber (longueur), du 4x100m féminin et du 4x400 hommes (après disqualification d’un relais pour dopage). Par trois fois donc, la Marseillaise a retenti à Londres.

Elle a retenti pour trois personnages aux histoires bien différentes. D’un côté Diniz, 39 ans, dont la première médaille (et seule) mondiale remontait jusqu’ici à 2007, et qui est passé par bien des chemins avant de retrouver les sommets. De l’autre, Bosse et Mayer, des petits bonhommes de 25 ans, suivis et encadrés depuis les catégories jeunes, qui sont arrivés à maturation cet été. Chaque Marseillaise a eu une saveur exquise, tous comme les deux autres médailles gagnées cette semaine.


Ces autres breloques, au métal bronzé, on les doit à deux des cadres de l’équipe de France : Renaud Lavillenie et Mélina Robert Michon. Le perchiste, qui a connu une saison compliquée, a gagné sa cinquième médaille d’affilée à un Mondial. Quant à la lanceuse, sacrée vice-championne olympique l’an passé, elle a su être au top de sa forme le jour J, pour sortir son meilleur jet de l’année dès le premier essai de sa finale.

Outre les médailles, on retiendra les quatrièmes places de Mahiedine Mekhissi (3000 steeple), Quentin Bigot (marteau), Garfield Darien (110m haies) ou encore du 4x400m féminin. Mais aussi la place en finale du 100m de Jimmy Vicaut, après qu’il ait hésité à participer aux Mondiaux suite à une blessure. Ou encore cette qualification en demi-finale du 200 d’Estelle Raffai, 19 ans seulement… A Londres, les jeunes pousses qui découvraient leur premier championnat du monde élites en ressortent grandis. Les plus expérimentés se sont eux montrés à leur niveau. Quand on voit les résultats, on pense forcément à Dimitri Bascou ou Pascal Martinot-Lagarde (haies). A Renelle Lamote (800m), ou encore Floria Gueï (400m), forfaits pour cause de blessure. Et on se dit, vivement dans deux ans.

Alors oui, il est difficile de ne garder qu’une image de ces Mondiaux. Que ce soit la détresse de Mekhissi après un finish incroyable, ou la maîtrise totale de Diniz… S’il fallait cependant n’en retenir qu’une, ce serait celle-ci : Renaud Lavillenie, sortant un instant de sa finale de la perche, pour encourager un Pierre-Ambroise Bosse fonçant vers le titre mondial. C’est ça aussi, cette nouvelle équipe de France : des talents énormes, mais surtout cette cohésion, cette bonne ambiance, qui fait leur force. Et ramène de l’or.