Le céiste français Denis Gargaud
Le céiste français Denis Gargaud | AFP - CARL DE SOUZA

A Pau, Gargaud est dans sa "deuxième maison"

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Son rêve olympique accompli, le céiste Denis Gargaud-Chanut s'est donné le temps de la réflexion avant de décider de repartir pour une nouvelle olympiade. Il a en revanche rapidement su qu'il serait de la fête aux Mondiaux-2017 dans sa "deuxième maison", à Pau. A suivre sur France 3 et le site de Francetv sport à partir de 15h15.

Meilleur temps des qualifications jeudi, il est au départ de la finale, ce samedi. "C'est quelque chose que je n'ai jamais vécu", souligne le champion olympique en titre de canoë monoplace (30 ans). "J'ai envie de fêter le titre de l'année dernière avec les gens qui n'ont pas pu venir à Rio, de partager avec le public. De vivre une belle fête du canoë en France", explique à l'AFP le Provençal, installé à Marseille mais resté attaché à Pau - "ma deuxième maison" - depuis ses années passées au pôle Espoirs.

"Je vais être observé et attendu par beaucoup de monde, je ne me le cache pas, reconnaissait-il à quelques jours de la compétition. Je compte là-dessus pour me surpasser. L'enjeu et la pression sont des choses que j'aime beaucoup dans le sport de haut niveau." L'or olympique lui ayant apporté "un certain apaisement", Gargaud, déjà triple champion du monde (C1 en 2011, C2 en 2010 et 2011, associé à Fabien Lefèvre), ne savait pas dans un premier temps s'il pagaierait au-delà du rendez-vous palois.

C'est en Australie en début d'année que la réponse s'est imposée, après quelques mois consacrés aux sollicitations post-olympiques et à son activité d'entrepreneur. Sa marque, Mulebar, propose des produits énergétiques, barres de céréales et gels. "Je suis parti seul un mois pour prendre le temps de me poser les bonnes questions, avoir le temps de réfléchir, coupé un peu du monde, avec dix heures de décalage horaire", raconte-t-il.

Paris-2024 ? "Je veux en être"

"J'avais envie de mûrir la réflexion. Et c'est venu très vite, au bout de deux semaines je me suis dit: 'je me régale'", se souvient-il. Gargaud s'apprête donc, pendant encore trois ans au moins. à mener de front carrière sportive et métier de chef d'entreprise. Une combinaison
dans laquelle il puise son équilibre. "Si j'ai envie d'arrêter (le canoë) demain, financièrement je peux. Si j'ai envie d'arrêter ma boîte, je peux aussi. Je fais ce que je veux, par passion. C'est un luxe", apprécie-t-il.

Dans les eaux vives de Pau jeudi, tout a bien commencé pour lui. Le céiste a réalisé le meilleur temps des qualifications, plus d'une demi-seconde devant le Slovène Benjamin Savsek, malgré une pénalité de deux secondes pour avoir touché une porte. "J'ai profité de l'ambiance, les gens m'ont donné de l'énergie", a commenté Gargaud. "Il a un vrai toucher de l'eau. Techniquement, il est très fin. Physiquement, on sent de vraies ressources. Et on le sent vraiment déterminé, motivé", énumère son illustre prédécesseur, le triple champion olympique Tony Estanguet, qui préside le comité d'organisation des Mondiaux-2017.

"Il a toutes les clés pour réussir ces Championnats du monde, estime-t-il. Au lendemain de son titre olympique, il a envie de confirmer son rang et son statut." Gargaud imagine-t-il pousser jusqu'auxJO-2024 à Paris, pour goûter une nouvelle fois à la saveur d'une compétition à domicile ? "C'est trop tôt pour se poser la question sportivement. En tout cas, je veux faire partie de cette fête dans sept ans, que ce soit en tant qu'athlète, entraîneur ou organisateur, affirme-t-il. Je veux en être !"