Nico Rosberg
Nico Rosberg lors de la saison 2015 de Formule 1. | ANDREJ ISAKOVIC / AFP

Formule 1 - GP de Belgique : Le premier jour du reste de la vie de Rosberg

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Nico Rosberg entame sa course-poursuite au championnat du monde des pilotes de Formule 1 ce week-end, à l’occasion du Grand Prix de Belgique. Le pilote allemand de Mercedes attaque la deuxième partie de la saison, après quatre semaines de trêve estivale, avec 21 points de retard sur son coéquipier Lewis Hamilton. Un écart loin d’être insurmontable, mais qui reflète mal l’écart entre les deux hommes en 2015, tant le Britannique a dominé son partenaire. Si Rosberg a l’étoffe d’un champion du monde, c’est maintenant (ou jamais) qu’il doit le prouver.

De manière générale, Nico Rosberg n’est pas dépaysé lorsqu’il s’agit de prendre un virage. Il l’a fait toute sa vie, sur les circuits de karting, de GP2 ou de F1. Mais le natif de Wiesbaden en a pris un qui n’a rien à voir avec la course automobile et pourtant loin d’être anodin le 27 juin dernier. Ce jour-là, il a passé le cap de la trentaine, basculant dans une phase où sa carrière est plus proche de sa fin que de son début. Cela ne fait qu’accentuer la pression sur un pilote qui a attendu pendant près de dix ans de  se battre pour le titre mondial dans la catégorie-reine des sports mécaniques. Il a cette chance depuis 2014 et le retour au top de Mercedes. Il l’a laissée passer une fois, il ne faudrait pas qu’elle lui file encore entre les doigts cette année. Sous peine que l’étiquette d’éternel second lui colle sur le dos pour de bon.

S’en détacher, s’éloigner de l’ombre envahissante de son père Keke (champion du monde 1982) et se faire enfin un prénom : voilà à quoi aspire Nico Rosberg à l’heure d’attaquer la dernière ligne droite du championnat. Il lui reste huit courses pour remonter les 21 points concédés jusqu’à maintenant à Hamilton (202 contre 181). Le défi est encore plus grand que l’année dernière. D’abord parce que l’ancien protégé de Frank Williams ne comptait que 14 unités de retard à pareille époque en 2014 (216 contre 202). Ensuite parce que l’écart entre les deux hommes sur la piste n’a jamais semblé aussi important que depuis le mois de mars. Sur dix manches disputées cette année, Hamilton a devancé son équipier à sept reprises en course, neuf en qualifications.

Rosberg : "Tout est encore jouable"

Il tient quasiment du miracle que le vice-champion du monde ne soit pas davantage décroché au classement. Sans son succès à Monaco, promis à Hamilton avant une erreur stratégique de son équipe en fin de course, Rosberg aurait quasiment perdu tout espoir. Sauf qu’à l’heure actuelle, avec la victoire à 25 points, "tout est encore jouable", comme il le souligne lui-même. Pour faire basculer la saison dans son sens, il va devoir néanmoins régler les problèmes de freins qui l’empêchent de donner sa pleine mesure en piste depuis bientôt un an. Il devra surtout s’emparer de chaque opportunité qui se présente pour combler son retard sur Hamilton. La mésaventure vécue en Hongrie, où une touchette avec Daniel Ricciardo l’a privé d’une deuxième place qui l’aurait ramené sur les talons du tenant du titre au Mondial des pilotes, est en cela une cicatrice qui peine à se refermer.

Mais elle a aussi ouvert en grand l’appétit de l’Allemand. "La Hongrie était une grosse déception et il me démange de retourner à la compétition depuis, souffle Rosberg. Quand vous êtes engagé dans une bataille si serrée au championnat, toute occasion de gagner des points est cruciale et il ne tient qu’à moi de les saisir. Mais je dois aussi les provoquer. C’est définitivement mon objectif principal pour la deuxième partie de la saison." A lui de le prouver dès ce week-end. Pour lancer au mieux trois mois qui doivent définitivement le muer en champion de sa discipline. Sinon, il pourrait bien rester à jamais ce numéro 2 qui était un "fils de".

Geoffrey Steines

F1