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Ligue de diamant/Zurich: pas de grand huit pour Lavillenie

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie | ADRIAN DENNIS / AFP

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Publié le 24/08/2017 | 22:44

Trois échecs à 5,63 m ont mis un terme prématuré à la finale de la Ligue de diamant du recordman du monde du saut à la perche (6,16 m) Renaud Lavillenie, qui n'a pas réussi à remporter le trophée pour la 8e fois d'affilée, ce jeudi à Zurich. Cette saison ne laissera décidément pas un grand souvenir au Français. En retard dans sa préparation en raison d'une blessure à la cuisse et des séquelles d'un accident de moto (genou), il avait limité la casse aux Mondiaux de Londres en prenant la 3e place, sa 5e médaille en autant d'éditions. Mais le mauvais sort est revenu s'acharner sur lui pour l'autre grand rendez-vous de l'année.

Un peu plus d'une semaine après avoir battu sa meilleure performance de 2017 (5,91 m), le 15 août à Varsovie, Lavillenie repart de Suisse sur un zéro pointé, éjecté du concours après trois tentatives avortées à 5,63 m, la victoire revenant au champion du monde Sam Kendricks (5,87 m). "L'échauffement s'est très bien passé et après je fais un premier saut atypique, qui m'a fait rire, a déclaré le vainqueur des JO-2012. C'est tellement à des années-lumières de ce que je sais faire. Après, j'ai essayé d'ajuster mes sauts mais j'ai eu du mal à trouver mes repères."

Tourner la page

"C'est dommage, mais depuis 2010, (lors de) toutes les périodes qui suivent les Championnats, je fais un zéro. Je me sens bien physiquement et je sentais que je pouvais sauter assez haut mais c'est la perche", a ajouté Lavillenie, qui tentera de se rattraper dès dimanche à Berlin avant l'ultime sortie de 2017 fixée au Décanation (9 septembre à Angers). Après une année galère, le Français a en tout cas hâte de tourner rapidement la page et se projette déjà vers 2018. 

"Vu ce que j'ai été capable de faire cette saison dans mon état, je me dis que quand je serai de retour en forme, ça risque d'être très intéressant", a-t-il affirmé. Au-delà du cas Lavillenie, la pluie, arrêtée seulement en début de soirée, et le vent n'ont pas permis aux spectateurs du Letzigrund de voir d'immenses performances, excepté sur 3000 m steeple dames où la Bahreïnie Ruth Jebet a établi le meilleur chrono de l'année (8 min 55 sec 29), le 2e de tous les temps, à deux secondes et demie du record du monde (8 min 52 sec 78) qu'elle détient depuis le 27 août 2016.

Farah, "der" réussie

On attendait surtout le Qatari volant, Mutaz Essa Barshim à la hauteur. Mais celui qui venait tout juste d'améliorer le meilleur saut de 2017 (2,40 m), dimanche à Birmingham, était sans doute fatigué et en manque de jus. Toujours sans adversaire à sa taille, il a gagné haut la main mais en se contentant d'une barre à 2,36 m exécutée au 3e essai. Le légendaire Cubain Javier Sotomayor et son record du monde à 2,45 m (en 1993) peuvent respirer. 

Les adieux victorieux de Mo Farah à la piste ont été l'autre temps fort de la soirée. Avant de se consacrer aux épreuves sur route, le quadruple champion olympique a assuré le spectacle en dominant in extremis son dernier 5000 m (13 min 06 sec 05). Luttant les yeux exorbités dans la dernière ligne droite face à trois adversaires, le Britannique a devancé sur le fil l'Américain Paul Chelimo (13:06.09) et l'Ethiopien Muktar Edris (13:06.09), soit le même podium mais dans un ordre différent de celui des Mondiaux de Londres où Farah avait été battu par Edris, sa 1re défaite dans un grand championnat depuis 2011. 

Le sprint a en revanche accouché de deux surprises. Sur le 100 m hommes, Justin Gatlin, redevenu champion du monde après une suspension de 4 ans pour dopage (entre 2006 et 2010), n'a pas été sifflé comme à Londres mais il a perdu face au Britannique Chijindu Ujah (9 sec 97) et n'a pris que la 4e position (10 sec 04). Chez les dames, le duel sur 200 m entre la championne olympique Elaine Thompson et la championne du monde Dafne Schippers n'a pas eu lieu puisque c'est la Bahaméenne Shaunae Miller-Uibo, 3e du demi-tour de piste à Londres, qui a surpris les deux favorites (21 sec 88).

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