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24h du Mans 2017 - L'hécatombe surréaliste vécue par Toyota en quatre étapes

La détresse de Stéphane Sarrazin (à droite) et Mike Conway, les pilotes du Team Toyota Gazoo Racing.

La détresse de Stéphane Sarrazin (à droite) et Mike Conway, les pilotes du Team Toyota Gazoo Racing. | JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Par notre envoyé spécial

Publié le 18/06/2017 | 10:50, mis à jour le 23/06/2017 | 09:39

Tout ou rien. De la joie aux larmes. De la victoire à l'abandon. Bref, pour Toyota, l'histoire s'est répétée : pourtant si bien parti dans sa quête vers un premier succès lors des 24h du Mans, la malédiction s'est encore abattue sur le constructeur japonais. A la différence de l'an passé, ce fut en pleine nuit et juste avant la mi-course. Et ce qui semble encore plus dur à avaler que la précédente édition, c'est que quelques heures avant l'hécatombe, rien ni personne ne voyait la victoire échapper à la firme nippone. Un ascenceur émotionnel qui se décompose sur quatre étages.

> Jeudi 15 juin, 20h11 : Kobayashi et Toyota dans la légende

En tribune de presse, personne n'en revenait. Nos confrères japonais, en transe, hurlaient de joie : leur compatriote et pilote chez Toyota venait de rentrer dans l'histoire de la plus prestigieuse des courses automobiles du monde. Jeudi soir, lors de la deuxième session d'essais qualificatifs, Kamui Kobayashi, au volant de la Toyota TSO50 - Hybrid n°7, est rentré dans la légende des 24h du Mans. Il est devenu l'homme le plus rapide du circuit, toute époque confondue. En réalisant ce temps lunaire de 3:14.791, le pilote japonais aura bouclé le tour à une vitesse moyenne de 251,882 km/h, tout simplement la meilleure marque de l'histoire. A ce moment-là, les vieux démons, notamment ceux de l'édition 2016, semblent s'éloigner de Toyota qui placera ses deux bolides principaux en pole et en deuxième position. Tout partait si bien...


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> Samedi 17 juin, 22h30 : Leader imperturbable

La course a commencé depuis 7h30 et tout se passe comme tout le monde l'avait prévu : Toyota mène tranquillement la danse. Avec deux prototypes en tête de la course - la n°7 et la n°9 - Akio Toyoda, grand boss de Toyota et présent dans les stands, se montre ravi. Il y avait de quoi, clairement, et même si aux alentours de 22h45, le premier pépin de l'écurie intervenait avec de la fumée qui sortait de leur voiture n°8. Elle allait rester dans les stands pendant plus de deux heures, perdre donc toute chance de victoire, mais cela ne posait pas problème à ce moment-là puisque la marque nippone dominait l'épreuve avec deux bolides en pleine forme tout devant. Bref, à cet instant, rien ne pouvait les perturber.

> Dimanche 18 juin, 00h43 : la n°7 au ralenti, premier coup de massue

Le début de la fin. Toujours en tête avec près d'une minutes d'avance sur Porsche n°1, et alors que Kamui Kobayashi vient juste de prendre le relais, la Toyota n°7 ralentit brusquement à quelques hectomètres des Hunaudières ! Immense stupeur dans le centre de presse. On ne sait pas ce qu'il se passe mais on voit le prototype japonais rouler à 60km/h ! Le temps s'arrête plus de 20 minutes plus tard lorsque l'on voit celui qui est entré dans la légende de la course sortir de son cockpit. On constate juste les dégâts : il est 1h03, la Toyota n°7, partie en pole et leader depuis le départ, est mise hors-course alors que la Porsche n°1 en profite pour reprendre les reines. Le pire dans tout ça, c'est que la descente en enfer ne fait que commencer pour le constructeur nippon !

 
 

> Dimanche 18 juin, 1h08 : la n°9 en feu, le coup de grâce

Clairement pas remis de nos émotions, et de ce à quoi nous venions d'assister en direct, nous voilà repris brutalement à la gorge quatre minutes seulement après. Vous savez, cette sensation, la tête sous l'eau, où il est impossible de remonter et où ne peut plus respirer. Ce qu'a vécu le staff de Toyota est certainement équivalent, ou cela s'en rapproche terriblement. Il est 1h08 lorsque, après avoir été percutée par l'Oreca n°25 du team Manor, la machine n°9 japonaise apparaît en feu à l'écran. Envoyée brutalement dans le décor, plus précisément dans les graviers, la voiture est victime d'une crevaison, provoquant en parti l'incendie.

 
 

Alors qu'on croit au miracle lorsque l'on voit Nicolas Lapierre arriver à faire repartir sa carcasse, la joie est de courte durée. Stoppé, le Français sort à son tour du cockpit. La marque japonaise officialise l'abandon. La stupeur est totale. Après le scénario rocambolesque de l'an passé, la firme nippone est à nouveau victime de sa propre malédiction. Dans le camp et dans le stand de chez Toyota, la consternation, la tristesse et le dégoût se lisent sur tous les visages. Car pour l'instant, Le Mans ne leur fait aucun cadeau. Au contraire, il leur fait vivre un cauchemar qui n'en finit plus.

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