La Toyota N.7 de nuit aux 24 Heures du Mans
La Toyota N.7 de nuit aux 24 Heures du Mans | FLORENT GOODEN / DPPI Media / DPPI

24 Heures du Mans: Un abandon qui passe mal pour Toyota

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L'histoire ferait presque sourire si elle ne touchait pas Toyota, le grand maudit des 24 heures du Mans. Un drôle d'incident a provoqué l'abandon de la TS050 Hybrid N.7 qui caracolait en tête depuis le départ.

Mais quelle mouche a piqué Vincent Capillaire ? Il était 00h35 quand le pilote de la Ligier JSP217 N.45 est apparu dans le champ de vision de Kamui Kobayashi. Depuis quelques minutes, la course était sous régime de safety car pour nettoyer la piste. Chez Toyota, l'ordre avait été donné au pilote Japonais de rentrer pour ravitailler. Bloqué à la sortie des stands par le feu rouge, Kobayashi attend tranquillement l'autorisation de reprendre la piste avec le plein d'essence. C'est à ce moment-là que Capillaire, vêtu de sa combinaison orange à bandes noires dont la ressemblance avec celle d'un commissaire de piste est évidente, s'avance à la hauteur du cockpit de la Toyota. Avec le pouce levé, le pilote sarthois assure avoir voulu "manifester" son "encouragement à la voiture de tête". Pour Kobayashi, cela ressemble à un ordre de départ malgré l'absence de feu vert. Dans le doute, il s'engage sur le circuit. Son équipe le rappelle par radio et lui intime l'ordre de s'arrêter alors que sa voiture vient de franchir la sortie de la voie des stands, moteur thermique enclenché. Quand finalement il est autorisé à repartir, il utilise l'embrayage sur un moteur à plein régime plutôt que de reprendre à zéro la procédure habituelle de départ du prototype japonais. L'embrayage grille. Kobayashi ne repassera plus jamais devant les stands.

Toyota veut des excuses

"Il s'agissait d'une marque d'encouragement spontanée comme ça arrive entre pilotes", explique Vincent Capillaire sur son compte Facebook depuis que l'information a été révélée au public. Sanctionné d'une amende par la direction de course, le Sarthois regrette son geste "inopportun". Encouragement ou geste d'humeur, ce petit signe a toutefois eu des conséquences tragiques sur la Toyota N.7. Dans le camp nippon, on indique, via Pascal Vasselon, ne pas en vouloir au pilote de la Ligier mais on attend toujours son coup de fil pour des excuses. Il serait de toute façon bien trop facile de faire porter le chapeau du nouveau fiasco nippon à Vincent Capillaire. Est-ce vraiment  pas de sa faute si les TS050 ont un embrayage volontairement sous-dimensionné du fait de sa faible utilisation en course ? Ce n'est pas non plus de sa faute si la N.8 et la N.9 n'ont pas pu reprendre le flambeau, la première en raison d'un changement de son système hybride et la deuxième avec cause d'un choc ...involontaire d'une LMP2. Heureusement, ce n'était pas celle de Capillaire.